18 Adar I 5779‎ | 23 février 2019

Rabbi Israël Salanter

Rabbi Israël Lipkin de Salant est né en 1810 à Zagare, Lituanie. A 10 ans,
son père, réalisant l’exceptionnel potentiel de son fils, l’envoyant étudier à Salant auprès du Rav Tsvi Broïde. Là-bas, ses connaissances phénoménales en Torah firent la stupeur de son entourage. A l’âge de 13 ans, le jeune Israël connaissait l’ensemble du Talmud par coeur. Quand il eut 14 ans, Rav Broïde, conscient du prodige de son élève, l’encouragea à envoyer son fascicule de Hidouché HaTorah, à Rabbi Akiva Eiger, l’un des plus grands Talmidé ‘hakhamim de son époque. Lorsque Rabbi Akiva Eiger reçut ce mince traité, il qualifia son auteur de « génie parmi les génies ». Bien que tout jeune encore, Rabbi Israël Salanter manifestait d’indéniables dons
pour l’étude, mais faisait également preuve d’un derekh eretz (comportement moral) peu commun, avant-coureur du comportement moral qui le rendra célèbre dans son futur. Quelques mois après ses exploits talmudiques, Rabbi Israël fut fiancé à l’une des jeunes filles les plus riches de la ville, son beau-père ayant promis d’assurer la subsistance du couple afin que Rabbi Israël puisse continuer à étudier. Pourtant, peu
avant le mariage, le beau-père perdit toute sa fortune ; mais il ne fut pas un instant, question pour Rabbi Israël de rompre ses fiançailles ; il épousa donc comme prévu Esther Fega Einsenstein, qui tint à assurer la parnassa de la famille en ouvrant un commerce. Rabbi Israël étudia près de
seize ans à Salant, notamment auprès de Rav Yossef-Zoundel de Salant, qui lui inculqua les valeurs du moussar ainsi que la prééminence d’une morale irréprochable avant toute chose. En 1842, Rabbi Israël fut appelé à siéger en tant que Roch yéchiva adjoint à Vilna. Là-bas, ses cours furent d’une qualité telle qu’ils surpassèrent tous ceux que les élèves de la yéchiva avaient entendus jusque-là, et la personnalité charismatique de Rav Salanter commença à faire de l’ombre au Roch Yéchiva principal. Rav Israël, renonçant à s’élever aux dépends de son prochain, quitta la yéchiva
pour fonder sa propre institution dans la banlieue de Vilna. Lui fut alors proposé un autre poste, non-moins prestigieux, qui constituait à diriger la toute nouvelle école de formation de rabbins de Vilna. Pressentant une école à caractère moderne et sujette au gouvernement tsariste en vigueur
à l’époque, Rabbi Israël refusa cette alléchante proposition. Quelques années plus tard, Rabbi Israël prit conscience du besoin urgent d’encourager la diffusion du moussar auprès des Juifs de son époque,
afin que rayonne autant que possible une Torah à la fois porteuse de sens et proche du peuple. Rabbi Israël se mit à sillonner l’Europe, en passant par l’Allemagne et se rendant même jusqu’à Paris, afin de pousser les communautés à créer des baté moussar, des maisons d’étude spécialisées
dans l’étude de valeurs morales, indépendants des baté midrach habituels
afin que personne n’ait honte de venir y étudier. Ce fut le début du célèbre Mouvement du Moussar, qui se propagea comme une traînée de poudre dans l’Europe entière, et qui continuera d’être diffusé par les
célèbres élèves de Rabbi Israël Salanter comme Rabbi Simha Zissel Zivle Saba de Kelm, Rabbi Nosson Tsvi Finkel- le Saba de Slabodka ou encore
Rabbi Yossef Yorzel Horowitz, l’Alter de Novardok et tant d’autres encore. Car, vous vous en doutiez, un maître d’une telle grandeur ne pouvait manquer d’avoir de nombreux élèves, qui s’appliquèrent comme lui à souligner l’importance du derekh eretz dans l’étude de la Torah. Voici une dernière histoire à propos de Rabbi Israël Salanter. Un motsaé chabbat, alors qu’il se rendait aux seli’hot, Rabbi Israël s’aperçut que ses chaussures étaient trouées et partit à la recherche d’un cordonnier malgré l’heure tardive. En apercevant une échoppe qui paraissait encore ouverte, Rabbi Israël entra et demanda si le cordonnier travaillait encore. Il reçut la réponse suivante « Tant que brûle la chandelle, il est toujours possible de réparer. » Rabbi Israël courut vers la synagogue, et, ce soir-là, rapporta dans son chiour les paroles du cordonnier, porteuses de l’enseignement suivant : « tant que nous sommes vivants, il est toujours possible d’accomplir et de faire téchouva ». Ainsi était Rav Israël Salanter, puits de connaissances en Torah, mais aussi un homme d’action apprenant de tous et prêt à donner sans limite pour que soit diffusée sa Torah bien-aimée. Rabbi Israël Salanter s’éteignit le 25 chevat 1883, à l’âge de 73 ans.