7 Kislev 5780‎ | 5 décembre 2019

Pourquoi les USA ne considèrent plus comme « illégales » les localités juives de Judée-Samarie

Quels sont les véritables objectifs de l’administration Trump à l’origine de ce tournant diplomatique et juridique tout à fait déterminant ?

La surprenante déclaration faite le 18 novembre dernier par le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompéo, selon laquelle la Judée-Samarie ne saurait être considérée comme un « territoire occupé » puisque les implantations juives qui s’y trouvent ne sont pas « illégales » – ce que les Palestiniens, le monde arabe, l’Union européenne et l’ONU continuent de clamer depuis plus de quatre décennies – répond en fait à plusieurs objectifs bien précis de l’administration Trump.

Obliger les Palestiniens à devenir plus réalistes
Même si ce revirement politico-diplomatique a d’abord été perçu un peu trop vite comme un nouveau « cadeau en or » fait à Binyamin Nétanyaou, il a comme premier objectif de faire comprendre au leadership palestinien que, dans le cas où il voudrait vraiment négocier une paix avec Israël, il lui faudra abandonner ses exigences maximalistes. Lesquelles ont été fondées depuis plusieurs décennies sur l’illusion qu’il pourrait « mettre à genou » l’Etat juif avec le plein soutien de la communauté internationale en le faisant revenir aux lignes d’armistice du printemps 1949 (en fait les « frontières d’Auschwitz » d’avant juin 1967). En totale rupture avec la doctrine Carter définie en 1978 dans le rapport de l’ex-conseiller juridique du Département d’Etat, Herbert J. Hansell, qualifiant la Judée Samarie, Gaza et le Golan de « territoires occupés » et les activités pionnières d’Israël de « crime de guerre », cet objectif est d’autant plus prioritaire pour l’administration Trump qu’elle compte bien lancer vaille que vaille (peut-être même sans attendre la formation problématique du prochain cabinet israélien) son fameux Plan du siècle.

Battre en brèche la doxa onusienne et européenne
Autre objectif parallèle : réussir peu à peu à faire voler en éclats et démanteler la « langue de bois » onusienne et européenne reprenant aveuglément en chœur ces prétentions palestiniennes utopiques en affirmant – en totale rupture avec les positions de la plupart des présidents américains qui se sont succédés depuis quatre décennies – que le peuple juif a des droits historiques tout à fait fondés en Judée Samarie et que la présence des localités juives dans ces deux régions disputées ne saurait donc être « illégale ». Mieux encore : Pompéo a affirmé le 18 novembre que brandir ainsi l’existence des implantations juives comme « le principal obstacle à la paix » (l’antienne ressassée sans cesse à Bruxelles, Paris, Londres et New York) avait au contraire paralysé toute avancée vers un compromis territorial réaliste. Lequel devra, entre autres, être fondé sur le rattachement des « blocs d’implantations » et des principales localités juives à Israël. Un « renversement de tendance » qui prendra certes du temps avant de devenir opérant au sein de l’UE comme de l’ONU…

Mieux ajuster l’agenda électoral de Donald Trump
En « décidant finalement de légaliser la Bible », comme vient de le dire dans une fort belle formule Mike Evans, ex-éditorialiste au New York Times, auteur de près d’une centaine d’ouvrages et fondateur du Musée des Amis de Sion à Jérusalem, l’administration Trump contrecarre tous les préjugés « politiquement corrects » compassionnels pro-palestiniens et donc anti-israéliens – voire anti-judaïques et même antisémites – enracinés depuis longtemps dans la communauté internationale. Ce qui, en cette période pré-électorale aux USA, ne peut évidemment que satisfaire au plus haut point les millions d’électeurs américains du mouvement évangéliste soutenant à fond le président Trump et ses manifestations successives et sans précédent de sympathie pour l’Etat hébreu.

RICHARD DARMON

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