18 Nisan 5779‎ | 23 avril 2019

S. Malka La peine… et son lendemain !

La semaine dernière, l’âme du peuple juif a été meurtrie. Chacun a ressenti une douleur au ventre, une nausée, une envie soudaine de pleurer à la vue des images de Sifré Torah jetés à terre et déchirés. Ceux qui ont agi, ont frappé en plein coeur et celui-ci ne cesse de saigner. Notre attache aux Sifré Torah est légendaire et impressionnante, nous-mêmes sommes surpris parfois de la violence des sentiments : Des juifs n’ont-ils pas sauvé et caché des Sifré Torah au péril de leur vie dans les années sombres ? Comment aurions- nous réagi si devant nos yeux avaient été profanés des Sifré Torah? Nous ne pouvons pas le savoir mais nous avons des témoignages : des personnes se sont jetés sur eux pour les ramasser avant d’être fusillés.
Pourquoi ? C’est ancré dans notre mémoire collective en tant que peuple
juif, qui s’est tenu devant le mont Sinaï et a entendu la parole divine. Car c’est exactement cela que représente le Séfer Torah : la parole divine sur terre, immuable et intemporelle. Depuis le don de la Torah jusqu’à nos jours, le rouleau de la Torah est écrit sur parchemin, à la plume, avec une
encre très particulière. En réalité, tout dans le Séfer Torah est particulier. Sa préparation est extrêmement compliquée et soumise à des lois strictes depuis la fabrication du parchemin, de l’encre, passant par la plume, la position et l’apparence des lettres jusqu’au degré de concentration et de pureté du Sofer. Le Séfer Torah a accompagné les juifs dans leurs exils, étant toujours leur bien le plus précieux. Il unit les juifs du monde entier et de tous les temps, rappelant leur raison d’être, leur devoir, il fait partie de leur identité, de notre identité. Voilà pourquoi son atteinte fait si mal. Nous pourrions nous arrêter là, nous attrister et continuer notre chemin. Mais non, cette profanation a eu lieu chez nous ! C’est au Coeur de la communauté francophone que le nom de D.ieu a été profané. Nous devons nous arrêter et méditer, creuser un petit peu. Il y a des personnes parmi
nous qui sont comparées à des Sifré Torah, égalant leur sainteté, si ce n’est
les surpassant. Ceux sont ceux qui la vivent corps et âme, ceux pour qui rien n’existe au monde excepté D.ieu et sa Torah : Ceux dont le quotidien, semblable au rouleau de la Torah, est régi scrupuleusement par les lois de la Torah, de leurs actes les plus ordinaires jusqu’à leur étude de la Torah
dans la plus grande pureté et la plus forte concentration : Des Sifré Torah en chair et en os. Ceux sont les Talmidé ‘Hakhamim, les Tsadikim, les Guedolé Israël. Comment réagissonsnous lorsqu’ils sont humiliés, lorsque des vandales déguisés, disciples de Kora’h, confondant le service personnel au service divin, leur manquent de respect et que cela arrive à nos oreilles ? (Ne parlons pas du cas où nous-mêmes les déconsidérons un peu, influencés par ces vents qui soufflent et sèment la confusion). Nous devons être choqués, horrifiés de l’humiliation des Guedolé Israël à laquelle nous assistons parfois malheureusement, même dans la communauté francophone. Voilà où nous devons nous ressaisir. Les Guedolé Israël sont des Sifré Torah vivants et le manque de respect dont ils sont victimes est aussi grave, si ce n’est plus, que les images de la semaine dernière. Soyons sensibles au respect des hommes, au moins autant qu’à celui des livres ! Sanctifions le nom de D.ieu parmi nous en renforçant notre respect envers ses plus fidèles soldats, les sifré Torah qui nous guident par leur lumière, par leur présence.