8 Kislev 5779‎ | 16 novembre 2018

Disparition prématurée à Jérusalem du Dr Elie Botbol zal Le père des Chevatim est parti mais ses chansons resteront pour l’éternité

Le Dr Elie Botbol zal était avant tout une voix. Certes, il était psychiatre et menait une brillante carrière
professionnelle. Certes, il était le très dévoué vice-président de la grande et belle communauté de Boulogne. Mais Elie Botbol était avant tout une voix. Une voix de baryton qui résonnait fort et juste. Une voix qu’il a voulu partager voilà 40 ans en créant la fameuse chorale des Chevatim. Ceux qui, comme l’auteur de ces lignes, avaient suivi leur naissance à la fin des années 70, n’avaient pas manqué d’applaudir : enfin nous aussi nous avions nos «Pirc’him» comme ceux de Toronto, de Londres et de Jérusalem ! Avec les Chevatim, la communauté juive de France prenait fièrement une place de choix
sur la carte de ces chorales d’enfants si populaires à l’époque. Et cette fierté, nous la devions au Dr Elie Botbol qui avait composé avec un brio incomparable les «tubes» des Chevatim. Qui dans les mouvements de jeunesse encore vivaces à cette époque n’a pas entonné le premier de ces succès «Torah tsiva lanou Moché»; quel minyan dans les communautés juives de France n’a pas rapidement adopté chaque chabbat le fameux «LaKel Barouch»? Qui n’a pas vibré en chantant l’émouvant «Gam Gam Gam Ki Elékh»? Quelle sim’ha n’a pas débuté par le délicieux «Siman Tov Oumazal Tov»? Quelle Bar Mitzva en France n’a pas commencé par «Bar Mitzva dans la joie»? Au total, c’est une centaine de chanson  réunies, au fil des ans, dans dix albums qui ont été composées par Elie Botbol (!), autant de chansons qui appartiennent aujourd’hui au patrimoine historique et musical de la communauté juive de France : « J’étais depuis tout jeune passionné par la musique. C’est naturellement qu’en devenant adulte
j’ai commencé à composer, » confiaitil encore récemment. Et lorsqu’on lui demandait pourquoi avait-il choisi de créer cette chorale d’enfants, il répondait : « J’étais moi-même un jeune membre d’une chorale dans mon Bet Knesset. Je pensais que la pureté du chant d’un enfant n’a pas d’égal ».
Mais cette voix se faisait également entendre dans le monde de la Torah. En effet, après avoir passé 5 années pleines et entières de Limoud à la yéchiva d’Eshel à Strasbourg, Elie Botbol a fait fructifier son autre passion : l’enseignement. « Je crois que je n’ai jamais cessé d’étudier et d’enseigner ce que j’avais appris. Je savais que pour être en harmonie avec moi-même je devais être entouré de livres de Torah et d’instruments de musique. » Après que ses enfants se soient installés en Israël Elie Botbol avait décidé, à 64 ans, de les suivre et de concrétiser l’enseignement de Torat Eretz Israël qu’il transmettait en France. Il a fait son alya l’automne dernier. Mais malheureusement alors qu’il prenait ses repères sur cette Terre d’Israël qu’il aimait tant,la maladie l’a frappé. Courageusement il s’est battu pendant de longs mois. Sa disparition prématurée est une douloureuse perte pour la communauté juive de France en général, pour la communauté de Boulogne en particulier, et enfin pour la communauté francophone de Jérusalem, ville où il résidait cette dernière année entouré de ses enfants et petits-enfants. Plusieurs centaines de personnes l’ont accompagné, avec une réelle émotion, ce lundi vers sa dernière demeure dans le cimetière de Guivat Shaoul à Jérusalem.Dans son oraison funèbre son fils Yohan a souligné que «Gam Gam Gam Ki Ele’h» était le fidèle reflet de ce que son père était: un homme d’harmonie, à la fois compositeur,enseignant de Torah, medecin et militant communautaire. Avec son départ vers un monde meilleur, sa voix s’est éteinte à jamais mais ses chansons resteront à jamais le témoignage vivant de son exceptionnelle personnalité.
Daniel Haïk

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