15 Nisan 5780‎ | 9 avril 2020

A Marseille, une cérémonie marque la réouverture du mémorial de la déportation

Jean-Claude Gaudin, Maire de Marseille :  » Nous souvenir ensemble pour pouvoir avancer côte à côte « 

Situé sur le Vieux-Port, au cœur d’un Blockhaus construit par les nazis pendant la guerre, ce mémorial de la déportation propose désormais sur trois étages, quelque 19 parcours instructifs. Resté fermé pendant 7 ans, comme nous l’avions évoqué lors d’articles précédents, il vient d’ouvrir à nouveau ses portes le 19 décembre dernier. C’est en présence de quelques survivants de la Shoah, dont Denise Toros Mater, déportée à Auschwitz à l’âge de 16 ans, des représentants du CRIF, et d’une équipe municipale engagée autour de la communauté juive de Marseille, qu’une cérémonie solennelle s’est tenue afin de marquer dignement la réouverture de ce lieu de mémoire et de transmission. « Ce musée-mémorial est une nécessité, confie Denise Toros Mater dont les parents ont été exterminés à Auschwitz. Pour que ça n’arrive plus. » En effet, comme l’a expliqué le Maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin : « Avec sa nouvelle configuration, mémorative et éducative, ce lieu symbolique, ouvert à tous, a pour vocation de s’intéresser aux politiques de déportation mises en œuvre par le troisième Reich. Ce mémorial éclaire l’histoire, et par la transmission, l’avenir. C’est un havre de paix où l’on se souvient des morts. De même, sur le mur des noms prochainement installé, seront inscrits tous les déportés. Ainsi, il restituera une identité à des milliers d’enfants, hommes et femmes que les nazis ont tenté d’éradiquer de la surface de la terre. » Le maire a insisté sur l’importance de la transmission pour les jeunes générations, notamment face à ceux qui veulent falsifier l’histoire. Et cela, à travers des récits, expériences vécues, films pédagogiques, panneaux explicatifs et 19 parcours de déportation choisis par un comité scientifique composé d’historiens. « La mémoire de la Shoah appartient à nous tous et fait partie de notre histoire commune, s’est exclamé Jean-Claude Gaudin. Nous devons nous souvenir ensemble pour pouvoir avancer côte à côte. » Rappelant les rafles de Marseille du 23 Janvier 1943 « à cause de l’ignoble Bousquet qui avait décidé à l’intérieur même de l’hôtel de Ville de l’opération Sultan (…) Une collaboration d’état qui a conduit à l’évacuation de 20 000 personnes et à la destruction des vieux quartiers, l’internement à Fréjus, puis à Drancy et enfin à Auschwitz (…) Dans nulle autre époque, l’humanité n’était parvenue à de tels crimes contre elle-même, contre les juifs, les tziganes, les opposants politiques, les homosexuels, les handicapés, tous déportés et exterminés. » Désormais, dans ce blockhaus nazi « symbole d’une domination vaincue » le souvenir de ces victimes restera gravé à tout jamais.

Isabelle Azriel