16 Kislev 5780‎ | 14 décembre 2019

6 choses que tu ne savais (peut-être) pas sur… la pluie !

Alors que les enfants guettent la « pluie » de bonbons et autres friandises qui s’abat traditionnellement pendant la fête de Sim’hat Torah, les adultes, eux, se préoccupent de la tombée d’un tout autre type de pluie ; celle que tous espèrent abondante et bienfaisante pendant les mois d’automne et d’hiver à venir. Et celle qui garantira la fertilité de la terre et la prospérité du monde. À cette occasion, Haguesher t’offre une… pluie d’informations sur ce cadeau tombé droit du Ciel !

1. Demande à ton frère ou à ta sœur de te dessiner une goutte de pluie. Il y a fort à parier qu’il ou elle t’offrira la représentation populaire en forme de larme. Eh bien, j’ai le regret de lui annoncer – et de t’annoncer par la même occasion – que ce schéma ne correspond pas à la réalité. À en croire des scientifiques de la NASA qui se sont penchés attentivement sur la question, une goutte de pluie ressemble davantage à un pain de hamburger, ou si tu préfères à un haricot bombé ! Autrement dit, elle possède une base aplatie et un dessus légèrement bombé. Alors oui, j’avoue, dessiner des gouttes de pluie toutes raplapla n’a rien de bien artistique… Mais c’est pourtant la forme qu’elles épousent dans la réalité ! À propos, si tu t’étonnes que les gros cerveaux de la NASA n’aient pas trouvé d’occupation plus utile que celle de perturber les dessins des élèves de maternelle, je me dois de redorer au plus tôt leur réputation. En réalité, le fait d’analyser l’anatomie des gouttes de pluie va nous permettre de déduire tout un tas d’informations très utiles et parfois mêmes critiques. Par exemple, la forme des gouttes peut être utilisée pour prédire la météo des 30 à 60 prochaines minutes. Ce qui va te permettre de savoir s’il vaut mieux que tu enfi les ta grosse doudoune ou si un simple pardessus te suffi ra. De même, l’analyse de la forme des gouttes peut se révéler très utile pour guider les avions dans les aéroports quand le temps n’est pas au beau fi xe. D’accord avec moi, ces genres d’informations valent bien une légère modifi cation dans les jolis dessins automnaux de tes frangins !

2. Lorsque la pluie tombe, tu peux parfois sentir une odeur très particulière se répandre autour de toi. Une odeur qui peut osciller entre celle de l’eau de Javel et celle de la terre. Ce qui est un peu étrange, c’est qu’en principe, l’eau est censée être un liquide inodore. Si tel est le cas, d’où peut bien venir cette odeur si caractéristique de la pluie ? En réalité, cette dernière provient d’un liquide huileux produit par certaines plantes qui, au contact de la pluie, va se dégager dans l’air ambiant. Et puisque l’on est dans les révélations scientifiques, sache que cette senteur porte même un nom bien précis ; celui de petrichor. Un terme que tu ferais bien de retenir pour épater ton prof de SVT !

3. Il y a ceux qui raffolent de la pluie, et puis il y a ceux qui la redoutent. Il y a ceux qui attendent avec impatience la moindre précipitation pour enfiler leurs bottes de pluie et patauger dans les flaques d’eau. Et puis il y a ceux qui l’associent à la grisaille, et dont la bonne humeur chute à la vue des premières gouttes. Mais les uns comme les autres savent, au fond d’eux, que la pluie est essentielle pour la vie humaine, végétale et animale. Le judaïsme l’a bien compris et a toujours associé la tombée des pluies à une bénédiction, et à une récompense qui nous attend quand nous accomplissons la volonté d’Hachem. C’est d’ailleurs ce que nous rappelons deux fois par jour dans la lecture du Chéma Israël : « Si vous vous conduisez selon Mes Lois, si vous gardez mes préceptes et les exécutez, Je vous donnerai les pluies en leur saison, et la terre livrera son produit, et l’arbre du champ donnera son fruit. » (Vayikra, 26, 3-4) En revanche, si nous faillons à nos devoirs et à nos responsabilités, nous risquons, ‘hass véchalom, d’être privés du merveilleux cadeau que représente la pluie.

4. Avec les progrès fulgurants de la science et de la technologie, on a parfois l’impression que tout, ou presque tout, se trouve à la portée de l’homme, ou du moins sous son contrôle. La pluie fait partie des trois phénomènes destinés à rappeler à l’homme que tout cela n’est qu’une illusion et qu’il ne peut rien, et absolument rien sans l’assistance du Tout-Puissant. C’est ce que nous lisons dans le traité de Ta’anit : « Rabbi Yo’hanan a dit : le Saint béni soit-Il possède trois clés qui n’ont pas été remises aux mains d’un messager : la clé de la pluie, la clé de la vie et celle de la résurrection des morts. » Tout comme le médecin le plus renommé du monde entier sera incapable de ressusciter un mort, le météorologue le plus réputé de toute la planète sera incapable de faire tomber la pluie. Il sera peut-être capable de prédire le temps qu’il fera dans une quinzaine de jours, la puissance des vents ou l’intensité de la tempête. Mais il aura beau connaître l’ensemble des mécanismes naturels complexes qui régissent le cycle de la pluie, il ne pourra jamais au grand jamais programmer une averse à sa guise ! C’est cette vérité fondamentale que nous proclamons trois fois par jour dans nos prières et ce, pendant près de 6 mois, depuis le Moussaf de Chémini Atséret jusqu’au Cha’harit du premier jour de Pessa’h : « Machiv harou’ah oumorid haguéchem – Tu fais souffler le vent et tomber la pluie ! »

5. Il pleut, il pleut bergère… La ville de Cherrapunji, située au NordEst de l’Inde, figure parmi les lieux les plus arrosés de la planète. Elle détient le record mondial de pluviométrie sur douze mois avec 26 470 mm de précipitations en 1861. À titre comparatif, le record de pluviométrie annuel jamais enregistré en France a été observé en 1913 à la station météorologique du Mont-Aigoual avec 4014 mm de précipitations. Cela dit, à côté de Cherrapunji, on frise pratiquement la sècheresse…

6. Quand on rencontre une connaissance dans la rue, mais qu’on ne trouve pas de sujet de conversation intéressant, on se met généralement à discuter de la météo histoire d’éviter les silences gênants. C’est de là que nous vient l’expression française « parler de la pluie et du beau temps ». Et à en juger par le nombre de termes consacrés à la pluie dans notre dictionnaire, tout laisse à penser que les Français sont devenus experts en la matière… Ainsi, si la pluie est fi ne, et tombe par gouttes imperceptibles, on parlera de bruine. Mais attention, si cette même bruine se déclare persistante et pénétrante, il faudra alors lui préférer le terme de crachin. (À ne pas confondre avec un crachat même si j’avoue que la comparaison est tentante…) Du côté des pluies soudaines et courtes, tu auras le choix entre deux termes : l’averse, ou l’ondée, le premier étant plus courant, le second un tantinet plus recherché. Petite précision, si elles sont accompagnées de grêle, on se rabattra alors sur le terme giboulée. Bref, tu l’auras compris, notre belle langue de Molière est décidément bien équipée pour parler de la pluie et du beau temps. Alors à ton tour de t’équiper du bon manteau/pardessus/gabardine/parka/K-Way/coupe-vent/ imperméable pour braver les intempéries ! En te souhaitant un automne et un hiver en pleine forme !

ORA MARHELY