14 Kislev 5780‎ | 12 décembre 2019

Entre Emet et Emouna

Rav Yaacov Sitruk

L ’héritage que nous a transmis Avraham est infini. Nous pouvons cependant choisir de nous concentrer sur l’un des thèmes essentiels qu’il a incarné : la Emouna, la foi.

Fils d’idolâtre, il partira à la recherche de celui qui permet au monde de fonctionner. L’anecdote selon laquelle Avraham a détruit les idoles de son père est bien connue et il va pour cela être condamné à mort. C’est l’incohérence de cette sentence qui l’incitera à partir à la recherche de la vérité. D’après lui, si les autorités de l’époque ne croient pas à son récit c’est la preuve qu’ils n’ont pas confiance en leurs propres dieux. Avraham prétendait en effet que la plus grande des idoles avait brisé les autres. Pourquoi selon eux elle n’en serait pas capable ?

La première leçon qu’il retiendra est qu’on ne peut pas prétendre à une vérité en laquelle on ne croit pas. Sur les dix épreuves qu’Hachem lui imposera, la première consiste à partir en quittant son pays d’origine, vers une terre « que je te montrerai ». La destination est-elle un secret, ou alors elle se nomme « que je te montrerai » ? Une chose est certaine : pour l’atteindre et la découvrir, Avraham va devoir marcher. Selon le Midrach Rabba (1-10) le mot vérité, Emet, est composé de trois lettres. La première, la dernière et celle du milieu de l’alphabet. Ce milieu est pourtant glissant. Il peut être la lettre Mem ou la lettre Noun, selon l’ordre des lettres finales.

Il apparaît donc, que la vérité est faite de repères immuables (début et fin), et d’un « milieu relatif ». Il y a dans la vérité de chacun une part de luimême. C’est la relation entre le Emet et la Emouna. La vérité en laquelle je crois est aussi forte que la conviction que je place en elle. Si je suis, par exemple, convaincu de manière indéfectible de la force d’Hachem, il « pourra » selon MA Emouna, m’accorder tout ce que je lui demande. Le parcours de la vie symbolise le « milieu relatif » de la vérité. C’est en avançant et en évoluant que mes convictions et ma Emouna prennent forme. Chaque jour apporte donc un peu plus de consistance à ce en quoi je crois vraiment. L’aspect relatif, réside dans le changement qui s’opère en moi tout au long de ce cheminement qu’est la vie.

Avraham va marcher, avancer et découvrir aussi bien sur la terre d’Israël que dans sa vie, tout ce qu’Hachem lui montrera. Son expérience et sa recherche de la vérité lui apporteront la Emouna qui sera notre exemple tout au long de l’histoire. La capacité de croire est une qualité que l’expérience permet d’acquérir. Avraham Avinou sera l’un des exemples les plus marquants de notre Torah, notamment par sa Emouna exceptionnelle.