15 Iyyar 5779‎ | 20 mai 2019

L’assassinat de Ori Ansbacher zal : l’étonnant silence du Shin Bet face à l’évidence terroriste

Ce n’est qu’après que les rumeurs les plus folles et les plus sordides ont circulé, en particulier sur les réseaux sociaux, que le Shin Bet a arrêté le terroriste palestinien qui a sauvagement assassiné Ori Ansbacher zal et a enfin reconnu que ce crime n’était pas crapuleux mais bien terroriste… Dans cette très douloureuse affaire, tout est allé très vite : jeudi dernier, Ori Ansbacher, 19 ans, est sortie du Centre de rééducation de Yeelim où elle
effectuait son service civil, apparemment pour s’isoler dans la forêt voisine de Ein Yael dans le sud-est de Jérusalem, non loin du zoo biblique. Le soir, son corps a été retrouvé lacéré de coups de couteau. Vendredi, avant Chabbat, des centaines de personnes ont accompagné Ori vers sa dernière demeure au cimetière de la localité de Tekoa où elle résidait. Quelques heures plus tard, dans la nuit de vendredi à samedi, le Shin Bet et l’armée ont retrouvé, grâce aux indices d’ADN, la trace de l’assassin et l’ont arrêté. Et le lendemain, le terroriste, qui était déjà fiché et connu pour son identification avec le Hamas, a avoué le crime sordide et l’a même reconstitué. Il remble que celui-ci se soit dirigé de Hévron vers Jérusalem avec la ferme intention de tuer des Juifs. Et le malheur a voulu qu’il croise dans la forêt d’Ein Yael la jeune Ori zal. Pourtant, dès jeudi soir, des rumeurs effrayantes ont été véhiculées sur les réseaux sociaux et la décision de mettre l’intégralité de l’enquête sous censure judiciaire n’a fait qu’amplifier ces rumeurs, apparemment sans fondement.Ce silence parfois incompréhensible de la part des forces de sécurité, d’une part, et cette effervescence souvent irresponsable venant de la part d’internautes, de l’autre, ont contribué à provoquer une profonde onde de choc dans la population israélienne. Il faut tout de même admettre que, si les événements se sont précipités, le Shin Bet a pris son temps avant de reconnaître que ce crime était bel et bien terroriste. En effet, beaucoup d’Israéliens ont eu le sentiment que les services de renseignements
intérieurs israéliens et la police ont tenté de « masquer » le caractère terroriste de cet acte, en insistant, dès vendredi, sur le fait que « toutes les pistes étaient envisagées » ou en insinuant que la jeune fille avait quitté le centre d’accueil où elle effectuait son service civil, contrariée. Comme si le crime aurait été crapuleux… Certains ont même prétendu que le silence ou la prudence des forces de sécurité était destiné à éviter une réaction violente de vengeance de la part de certains éléments israéliens radicaux comme les jeunes des collines. Mais finalement, le Shin Bet a dû se rendre à l’évidence et reconnaître le caractère terroriste. Ori Ansbacher zal était la fille d’un des rabbanim connus et appréciés de la yéchiva hassidique de Tékoa. « Comme son nom l’indique, c’était une enfant qui rayonnait et qui a diffusé la lumière où elle se trouvait », a déclaré sa tante. « Elle était pleine d’amour pour son prochain et travaillait sans cesse ses midot. Elle avait une âme particulièrement grande et ne voulait faire que le Bien dans le monde.» Le Premier ministre Binyamine Nétanyaou s’est rendu, lundi, au domicile de la famille endeuillée et il a annoncé que, « dès dimanche », il mettrait en application la loi visant à réduire des sommes de TVA versées par Israël à l’Autorité Palestinienne, les montants des salaires que l’A.P. attribue aux terroristes ou à leur famille. Selon les familles de victimes du terrorisme, l’assassin d’Ori Ansbacher devrait désormais recevoir de la part de Mahmoud Abbas la coquette somme de 12.000 shekels mensuels pour avoir commis son horrible crime…. Daniel Haïk