15 Iyyar 5779‎ | 20 mai 2019

Hommage au Rav ‘Haïm Tsvi Rozenberg zatsal

Le décès précoce du Rav ‘Haïm Tsvi Rozenberg zatsal plonge la communauté parisienne et ses nombreux élèves, dispersés dans divers pays, dans une profonde tristesse. Agé à peine de 64 ans, il a rendu son âme ce lundi soir, à la suite d’un AVC. Rav Rozenberg Zatsal occupait le poste de Rav à « Rashi Shoul », mais son influence s’étendait bien au-delà de sa communauté ou de ses proches, tant par sa Torah, par son ‘Hessed que par cette image marquante du Talmid ‘Hakham qu’il était. Comme nous le confirme son fils Yossef : « C’était un Gadol ! Il ne vivait que pour les autres. Il était en quête perpétuelle de Tsédaka et de ‘Hessed. Aujourd’hui, ce sont des centaines, voire des milliers de personnes qui perdent leur père spirituel, ce père qui se tenait toujours aux côtés de chacun et que personne ne pourra remplacer ! » Une Torah vivante Originaire de Péta’h Tikva, il a étudié dans de prestigieuses Yéchivot d’Erets Israël, dont celle de ‘Hévron. Doté d’un esprit de génie, d’une mémoire exceptionnelle et tout en faisant preuve d’une assiduité exemplaire, il a pu finir, pour la première fois, l’étude complète du Chass à 16 ans. Cette profonde Ahavat Hatorah et cet investissement dans l’étude avec enthousiasme l’ont accompagné tout au long de sa vie. Et le Rav Yossef Nabet de témoigner : « Rav Rozenberg ne quittait jamais sa Guemara et ne pouvait concevoir donner son célèbre cours de Daf Hayomi sans y avoir passé près de 4 heures pour le préparer…
Il connaissait le Talmud Babli et le Talmud Yéroushalmi dans ses moindres recoins. “Il faut bosser” était sa devise. Il révisait sans cesse pour ne rien oublier. Il se souvenait aussi bien des cours qu’il donnait (pour veiller à ne pas se répéter d’une année à l’autre, notamment dans ses cours de Paracha)
que des questions posées par chacun de ses élèves. » Dévoué pour sauver des âmes Marseille, Anvers puis Paris Jeune Avrekh, il a étudié au Collel ‘Hazon Ich de Bné Brak. Là, le Grand Rabbin Sitruk zatsal l’a rapidement repéré pour le convaincre de venir à Marseille et lui confier une précieuse mission : la charge d’un nouveau projet, jusque-là inexistant en France, l’ouverture d’une Yéchiva Ketana. Ainsi, à l’initiative du Rav Philippe Kohn zatsal et du Rav Yossef ‘Haïm Sitruk zatsal, la première Yéchiva Ketana de France a ouvert ses portes à Marseille avec, à sa tête, le Rav ‘Haïm Tsvi Rozenberg zatsal. Il n’avait que 26 ans mais a réussi à encadrer ces jeunes adolescents, à leur transmettre le goût de l’étude et à leur inculquer un amour de la Torah pour le restant de leur vie. A travers cette petite structure, le Rav Rozenberg zatsal a, directement ou indirectement, tracé la voie à de nombreux jeunes français en leur donnant accès au monde des prestigieuses Yéchivot, tel que nous le rapporte l’un de ses anciens
élèves, Rav Dov Roth-Lumbroso chlita. Le Rav Rozenberg zatsal a gardé contact avec la majorité de ses élèves et a continué à les guider dans leur projet de vie avec lucidité et clarté. Après avoir passé quelques années à Marseille, le Rav Rozenberg zatsal s’est installé à Anvers où il a assuré la direction de l’école Yéssodé Hatorah. Paris fut sa prochaine destination.
Dispensant des cours de haut niveau à la synagogue de la rue Cadet puis à « Rachi Shoul », Rav Rozenberg zatsal était avant tout l’adresse du Daat Torah. Prêtant une oreille attentive à chacun, il accordait de l’importance à tous les problèmes qu’on lui soumettait avant d’exposer des solutions pertinentes. Avec modestie, calme et sérénité, il se rendait disponible
pour le Tsibbour à toute heure du jour ou de la nuit. Malgré son programme surchargé, il consacrait 1 heure par jour au service Allo Rav. … et sauver des vies ! Après avoir été frappé par la maladie il y a une vingtaine d’années, Rav Rozenberg zatsal s’est lié d’amitié avec le Rav Firer (directeur de l’association « Ezra Lamarpé »). Peu à peu, il est officieusement devenu son émissaire en France, voire en Europe. Prenant en charge les malades d’Israël qui venaient se faire opérer ou suivre des traitements en France,
il ne négligeait aucun détail. Il entourait les malades et leurs proches avec un dévouement sans bornes. Il les orientait vers les professionnels de santé, se souciait de la prise en charge des soins médicaux, de leur assurer un transport, un logement, des repas, …. Véritable homme d’action, il intervenait avec une rapidité et une efficacité remarquables et a ainsi pu littéralement sauver des vies ! Rav Rozenberg zatsal restera le modèle par excellence du Talmid ‘Hakham ayant su allier, au plus haut point, l’amour de la Torah et l’amour du prochain avec une Méssirout Néfech inégalable. Puisset- il, de Là-Haut, plaider en faveur de tout le Am Israël ! Téhi Nafcho Tseroura Bitsror Ha’haïm
Yokheved Levy