18 Nisan 5779‎ | 23 avril 2019

« Le Beith Sandler est une lumière grande et pure sortie des douleurs d’une épreuve »

Le gala annuel du Beith Sandler, à la mémoire du rav Yonathan, d’Arié et Gabriel et de Myriam Monsonégo se tiendra le lundi 4 février aux Salons Hoche à Paris. Et comme chaque année, Eva Sandler oeuvre sans relâche pour mobiliser un maximum de personnes afin que le temps n’ait pas la moindre emprise sur le souvenir. Elle s’est confiée à Haguesher. Haguesher : Le Beith Sandler vous est-il apparu comme le meilleur moyen de perpétuer le souvenir de votre mari rav Yonathan
Sandler et vos 2 garçons Arié et Gabriel zal ?
Eva Sandler : Le Beith Sandler a d’abord représenté pour moi, après l’attentat, une lueur d’espoir à laquelle je me suis accrochée. Après leur départ déchirant, je me suis agrippée à ce projet pour continuer à les faire vivre parmi nous et perpétuer leur mémoire. Puis, petit à petit, cet espoir s’est transformé en un réel projet dans lequel leur voix continue de se faire entendre, à travers le partage de l’Etude de la Torah et au travers des actes de Hessed puisqu’ils n’étaient eux-mêmes, que bonté. Et finalement, j’ai pris conscience que c’était AVANT TOUT une lumière que nous avons tous ensemble fait jaillir d’un événement aussi tragique et sombre. Et quelque part c’est là la force du Am Israël. Aujourd’hui, je dois la réussite du Beith Sandler à tous ceux qui se mobilisent chaque année à mes côtés pour
que le Beith Sandler continue de briller et je leur en suis éternellement reconnaissante.Justement comment le Beith Sandler se développe au quotidien ? Le Beith Sandler repose sur quatre pôles d’activités complémentaires : il y a d’abord le collel qui a débuté avec une dizaine
d’avrékhim et qui en compte aujourd’huiMais nous insistons également sur les activités récréatives pour les enfants, organisées chaque chabbat après-midi. Troisième pôle d’action : les cours pour femmes à Montrouge près de Paris. Cela a commencé avec ma belle-soeur Jennifer Sandler et désormais ce sont des cours hebdomadaires pour dames auxquels il faut rajouter également deux soirées par an. Enfin pour compléter notre action, nous distribuons des bons alimentaires pour familles nécessiteuses. Et ce projet est important car il apporte beaucoup de joie, et de sérénité à ces familles. Comment peut-on vous soutenir dans vos projets ?La meilleure façon de me soutenir est de faire vivre leur mémoire en soutenant le Beith Sandler. Elie Wiesel disait : « Le bourreau tue toujours 2 fois : la seconde est par l’oubli. » Et cette phrase me hante particulièrement ! C’est pourquoi je lutte chaque
jour contre l’oubli et demande à chacun de se mobiliser pour que rav Yonathan, Arié, Gabriel et Myriam aient toujours un édifice en leur mémoire.Quel regard portez-vous sur les diverses manières de commémorer leur souvenir ?Je suis profondément touchée et reconnaissante envers toutes les actions et commémorations faites en leur mémoire tels que la stèle érigée à Sarcelles par le maire Puponi, l’arbre planté devant l’école de Toulouse, ou encore le square portant le nom de
Jonathan Sandler à Versailles. Il y a aussi la salle de classe qui porte le nom d’Arié et Gabriel au lycée Georges Brassens, ou encore à l’école Chné-Or juste après en 2012, ou enfin, la plaque dans la cour de l’école
Maïmonide… Il en va de soi que toutes ces marques de respect en leur mémoire nous vont droit au coeur à moi et M. & Mme Sandler. Il est vrai aussi que la médaille attribuée récemment à Jonathan, Arié et Gabriel ainsi qu’à d’autres victimes du terrorisme, à la demande de Mr Sandler et qui vient après presque 7 ans est assez touchante. Mais ce n’est pas comparable à l’édifice que nous, Am Israël, avons ensemble créé à Jérusalem dès le lendemain de l’attentat… Cependant, ça fait tout de même plaisir de constater que les autorités françaises tiennent à conserver ainsi le souvenir des victimes du terrorisme. Mais, ô combien j’aurais voulu pouvoir échanger cette médaille contre une simple appréciation dans le carnet de liaison de Arié et Gabriel zal… Propos recueillis par Daniel Haïk Informations et réservations pour le gala du Beith Sandler:06 19 84 83 39