22 Tishri 5780‎ | 21 octobre 2019

La démocratie… narcissique ! S.Malka

Nous voilà aux portes de nouvelles élections. Comme dans toutes les démocraties occidentales, nous assistons à un phénomène classique, mi-amusant, mi-gênant : l’émergence de partis politiques, comme d’hommes et de femmes politiques inconnus de tous ou presque. Ils présentent une dynamique récurrente : généralement sans passé ni formation politique, ils ressemblent à des fondateurs d’associations caritatives, désintéressés et bienfaisants. Un peu de patience et le vrai visage de ces personnes se dévoile : pas très agréable à découvrir, des personnalités narcissiques. Ce trouble de la personnalité se caractérise d’une part d’un sens grandiose de la personne, de sa propre importance, de fantaisies de succès, de pouvoir et de splendeur et d’autre part d’un besoin excessif d’être admiré, de l’exploitation des autres pour parvenir à ses fins et un manque total d’empathie ; nous sommes loin des associations caritatives… A vrai-dire, la démocratie ne donnet- elle pas la parole à tout le monde ? N’offre-t-elle pas à chacun l’opportunité de réussir, d’avancer, d’influencer, et pourquoi pas diriger ? Pour qui est assoiffé de pouvoir et de projecteurs, cette
course n’est elle pas une proposition alléchante ? Ainsi, nous assistons à chaque fois à un triste défilé qui nous met mal à l’aise (rappelez-vous en France il n’y a pas si longtemps…) Que vont-ils faire pour nous convaincre de leur « bonne foi, leurs bonnes intentions » ? A quel moment la mascarade se termine-t-elle ? Car ne vous détrompez pas, l’exercice du pouvoir n’est pas une chose légère. En témoigneront tous ceux qui y sont passés. La fonction nécessite expérience, savoir, sagesse et… beaucoup d’empathie ! Combien ont sous-estimé la valeur de cette dernière et ont vu leur carrière en ruine ! Eloignons-nous un peu de nos démocraties et penchons-nous sur les parachiot que nous lisons en ce moment, plongeons dans le berceau de l’esclavage, l’Egypte antique. Nous y trouvons deux personnalités que tout sépare : Moïse, le bien par excellence et Pharaon, l’incarnation du mal. Pharaon est l’auteur de la célèbre phrase :
le Nil est à moi et je suis son créateur. Y a-t-il plus narcissique ? Il ne voit en l’autre qu’un moyen d’arriver à ses fins. Il n’hésite pas à égorger 80 bébés
juifs par jour pour se baigner dans leur sang et si le sauveur des juifs est un garçon, « tuez tous les nouveau-nés garçons !» Il ne se plie pas devant D.ieu quitte à mettre son pays en ruine et causer la mort de millions de ses sujets! Quant à lui, Moïse, qui a grandi sur les genoux de Pharaon n’a d’yeux que pour ses frères. Il n’a que 17 ans lorsqu’il sort pour la première fois « voir leur souffrance », vient à leur aide et prend la fuite pour ne pas être tué. Lorsque D.ieu l’appelle à sauver son peuple, il est inquiet de ne pas froisser son grand frère. La souffrance de ses frères lui fait mal jusqu’à se plaindre devant D.ieu : « Pourquoi fais-tu du mal à ce peuple ? » Toute sa vie, il s’est sacrifié pour lui et la Torah témoigne de lui qu’il était « le plus humble des hommes sur terre ». Comment ces deux personnes ont-elles pu s’affronter ? Communiquer ? Pourtant, nous connaissons la fin de l’histoire et savons qui gagne réellement. La personne humble s’efface devant les autres, laissant transparaître l’image de D.ieu qui est en lui. Y a-t-il plus grand que cette Grandeur là ? Alors un conseil à tous ceux qui cherchent à aider leur peuple, qui recherchent uniquement le bien de l’Etat et de ses citoyens. Travaillez en silence, agissez efficacement, loin des projecteurs et des journalistes. Il y a du travail ! Faites le bien autour de vous. L’action
dans l’ombre vous donnera satisfaction et occupation et puis cela sera un test : Si vous appartenez à la catégorie des troubles de la personnalité que nous avons cités plus haut, vous abandonnerez très vite…