18 Adar I 5779‎ | 23 février 2019

Des mesures israéliennes en cas de « guerre des missiles » Face aux menaces contre la population civile d’Israël – le Hezbollah et l’Iran au nord du pays, le Hamas au sud -, le Front de l’arrière de Tsahal (Défense passive) a planifié avec les pouvoirs locaux des régions concernées une évacuation massive et encore inédite de quelque 250 000 personnes. Mais ce n’est pas tout…

Nommé Safe Distance, ce nouveau plan qui étend les zones d’alerte
rapide de la Défense passive à plus de 3 000 secteurs d’avertissement, est
ainsi défini par un officier de Tsahal, le colonel Itzik Bar : « C’est tout Israël qui est désormais menacé par des dizaines de milliers de missiles ennemis. Nous savons que nous devrions faire face à de très nombreux tirs de missiles et de roquettes simultanés sur plusieurs fronts. Notre plan d’évacuation concerne surtout les communautés proches des frontières. Partout où existera un grand danger pour les civils et où il sera difficile de déployer des moyens de défense ou de dissuasion efficaces, nous évacuerons les résidents. Lesquels seront logés dans des infrastructures existantes plus ou moins loin de leurs régions (hôtels, écoles, maisons
d’hôtes des kibboutz). De petits groupes de civils resteront dans les zones évacuées pour maintenir les infrastructures minimum locales et s’assurer que ces localités pourront à nouveau fonctionner après les combats ».
En fait, le plus grand danger pour ces populations civiles vient des obus de mortier dont les tirs – contrairement aux roquettes et missiles – ne peuvent être encore annoncés par les systèmes d’alerte automatique puis déjoués par une riposte adéquate. Mais depuis plusieurs années, les experts hi-tech de Tsahal et des Industries aéronautiques israéliennes travaillent d’arrache-pied pour mettre au point un système anti-tirs de mortier semblable au Dôme de fer contre les roquettes et à ceux du Hetz et de la Fronde de David contre les missiles. Sachant que le Hezbollah et ses sponsors iraniens pourraient déclencher une conflagration d’envergure régionale et que le
prochain round contre eux sera déterminant, les stratèges de Tsahal ont mis au point (contrairement à 2006) divers plans alternatifs et complémentaires de bataille destinés à ramener de manière rapide et décisive le calme au nord du pays : un objectif qui permettra cette fois de définir clairement le vainqueur de cette guerre… Au lieu de disperser ses moyens en prenant des mesures préventives contre d’éventuelles infiltrations du Hezbollah le long d’une frontière désormais pourvue d’une
barrière électronique sophistiquée, Tsahal a effectué des changements topographiques et géologiques d’envergure autour des localités israéliennes voisines avec la construction de profondes tranchées et de hautes buttes artificielles rendant ces tentatives de raids-surprises quasi impossibles.
Délaissant son traditionnel modèle binaire de scénario de guerre (la « guerreéclair » ou bien la « guerre d’usure »), Tsahal a donc opté pour des méthodes d’actions et un système d’options armées combinées (au sol, dans les airs et aussi sous terre) qui lui permettront, cette fois, d’en finir assez rapidement avec le Hezbollah. « La situation lors du prochain conflit au nord sera très différente, précise ainsi le général Herzi Levy, ex-chef des Renseignements de Tsahal. Car, bien plus forte qu’elle n’a jamais été, Tsahal peut faire face à n’importe quels types de menaces. Sachant que ce seront surtout des armes iraniennes qui seront utilisées lors du prochain conflit,
nous n’avions encore jamais pu accumuler jusque-là dans notre histoire militaire autant de Renseignements ultra-précis sur ce type d’ennemis et préparer tant de moyens complémentaires pour le neutraliser. Voilà pourquoi le prochain conflit au nord d’Israël sera très différent de Bordure protectrice (l’opération de Tsahal à Gaza en 2014-Ndlr), et aussi pourquoi le Liban risque fort de se transformer en un pays de réfugiés… ». Richard Darmon