7 Tevet 5779‎ | 15 décembre 2018

S. Malka La pureté des actes

Deux grandes écoles de psychologie ont essayé d’expliquer le comportement : la psychanalyse et la psychologie cognitivo– comportementale. Leur divergence est avant tout philosophique : pour la psychanalyse, le comportement est le sommet de l’Iceberg. Tout se joue à l’intérieur : dans la pensée, les désirs profonds, les peurs cachées. Pour la psychologie cognitivo-comportementale, nous naissons comme un tableau vide et nous apprenons à nous comporter : nos actions ainsi que la réaction de notre environnement suivis de notre interprétation dictent notre comportement. Cette divergence est capitale quant à la démarche thérapeutique à suivre : A quel stade faut-il travailler ? Faut-il analyser et comprendre le monde intérieur du patient ou bien fautil tout simplement opérer un changement au
niveau du comportement même. Le temps de la thérapie change en fonction de la démarche suivie : Si la thérapie comportementale est relativement courte et accompagnée d’un objectif bien précis, la psychanalyse est très longue et touche la personne dans son ensemble. En extrapolant, on peut parler de
concret/abstrait, de travail intérieur/extérieur. Mais nous ne sommes pas là pour juger de l’efficacité, la justesse ou la véracité de chacun mais pour illustrer, par le débat, la complexité du comportement humain. Et à la lueur de cela observer de plus près le miracle de la fiole d’huile de ‘Hanoucca. Lorsque les ‘Hachmonaïm après leur victoire entrent dans le Temple, ils y retirent les statues qui s’y trouvaient et désirent allumer la Menora. Pour cela ils cherchent une fiole d’huile pure scellée par le Cohen Gadol. Ils auraient pu allumer avec une huile profane puisqu’ils étaient tous impurs. Mais ils cherchent et cette recherche dévoile leur profonde volonté. Ce qu’ils veulent au-dessus de tout, c’était d’accomplir la volonté d’Hachem. C’est là que se produit le double miracle de la fiole d’huile : Ils en trouvent
une et elle brûle pendant 8 jours, le temps de fabriquer une nouvelle huile pure. Ce miracle est entré dans la mémoire collective du peuple juif, reléguant au second plan, le miracle de la victoire ! Mais ce n’est qu’une apparence : le miracle de la fiole d’huile vient illuminer le miracle de la victoire de la guerre, donner la raison profonde et véritable du combat des ‘Hachmonaïm contre les grecs. Car ce n’est ni la
première fois dans l’Histoire ni la dernière qu’une poignée d’hommes se sont battus contre un empire et l’ont vaincu. La guérilla peut déstabiliser les plus grandes forces, l’Histoire l’a prouvé. Ce n’était pas une raison suffisante pour instaurer une fête nationale, ce n’est d’ailleurs pas de notre habitude de célébrer des victoires armées. Il ne s’agissait pas d’une guérilla, d’un combat pour se libérer d’un oppresseur, pour l’ indépendance nationale, l’autonomie. La volonté des ‘Hachmonaïm  était de continuer à étudier la Torah et à accomplir les Mitsvot, la raison de vivre du peuple juif. C’est cette volonté profonde qui
se trouve derrière l’acte qui fait son importance. Par le miracle de la fiole d’huile Hachem a dévoilé la pureté de leur acte. Si cela n’avait pas été le cas, l’incident n’aurait pas marqué le calendrier juif. Ainsi un acte peut avoir de l’importance ou être insignifiant, en fonction de ce qui se cache derrière lui. La volonté, l’intention, illumine un acte ou le ternit. Alors si nous voulons progresser, comment doit-on procéder ? Juste faire des Mitsvot et la Torah fera de nous des gens bien ? Non, bien entendu, cela ne suffit pas, nous devons travailler en profondeur ; en étudiant le Moussar, et travaillant notre caractère. C’est un travail de longue haleine, mais essentiel pour arriver à servir D.ieu avec pureté. Nous conclurons le débat illustratif en disant qu’il n’y a pas de divergence entre ces deux courants mais une référence à deux parties différentes de l’être humain : la partie intérieure, cachée et profonde et la partie extérieure, concrète, parfois superficielle. Il faut travailler à deux niveaux et à deux vitesses pour arriver à un résultat durable. N’est-ce pas ce que nous désirons,  que nos actions perdurent, qu’ils assurent la transmission de la foi aux générations à  venir ?

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