7 Tevet 5779‎ | 15 décembre 2018

Musée d’Israël : une exposition rare de ‘hanoucciot témoigne de l’histoire juive à travers les âges

Porcelain Hanukkah lamp adorned with pastoral scene Gorodnitza (?), Ukraine 19th century Porcelain, painted and glazed; decalcomania H: 14.6; W: 26.9 cm The Feuchtwanger Collection, purchased and donated by Baruch and Ruth Rappaport, Geneva Accession number: HF 0371 ; 118/637

A Jérusalem, le Musée d’Israël abrite la plus grande collection permanente de ‘hanoucciot au monde. Celle-ci regroupe plus de 150 pièces appartenant à un éventail d’anciennes communautés de la diaspora.

A l’occasion de ‘Hanoucca, Rachel Sarfati, Conservatrice principale de la section Art et culture juives du Musée d’Israël, invite le public à venir découvrir la belle collection afin de se familiariser avec les récits qui se cachent derrière ces rares chandeliers venant d’Espagne, du Maroc, d’Italie, d’Allemagne, d’Autriche, de France, des Pays-Bas, du Yémen, de Syrie, d’Irak, d’Algérie, de Tunisie, de Russie et d’Ukraine. Les articles utilisés jadis dans les foyers, les synagogues ou les espaces publics, reflètent l’histoire de ces communautés, allant du 14e siècle pour le plus ancien au 21e pour le plus récent. Cet assortiment original provient du fait qu’Israël est un pays d’immigration, ce qui fait que les Juifs du monde entier qui y sont montés ont chacun apporté avec eux leurs objets de culte traditionnels, suivant les coutumes de leur pays d’origine. Ainsi, ce lot de ‘hanoucciot représente bien un échantillon de l’art juif dans son ensemble. De plus, il traduit aussi des conditions économiques de chaque communauté. Par exemple, les pauvres comme celles du Maroc ou du Yémen fabriquaient leurs chandeliers avec des boîtes de sardines recyclées pour les premières ou de la pierre pour les secondes. Par contre, les congrégations plus riches d’Europe comme en Allemagne ou en Italie, confectionnaient des ‘hanoucciot plus prestigieuses, en argent ou même en or. Il est intéressant de noter que les chandeliers produits en Eretz Israël sont les plus proches de la forme de la Menora dans laquelle les Lituaniens sont habitués à allumer les bougies. Ainsi, au moins durant huit cents ans, les Juifs se sont considérablement appliqués à embellir leurs ‘hanoucciot. Les artistes ont incorporé dans leurs créations des éléments décoratifs se rapportant au temple, à l’Arche Sainte, aux bénédictions d’allumage  des bougies ou aux paroles du chantliturgique « Hanerot Hallalu », ainsi qu’au Cohen allumant la menora du Beth Hamikdach. Mais  étonnamment, certains autres candélabres sont décorés de figures très éloignées  du judaïsme et célèbrent plutôt des personnages ou des héros locaux. Ceci relève peut-être de l’intention de cacher
aux yeux des goyim la vocation du chandelier ou d’un manque de connaissances halakhiques.
Quoi qu’il en soit, tous ces artéfacts sont mis en valeurs dans une galerie aux vitrines éclairées qui soulignent leurs spécificités. Cette année, à l’occasion de la fête des Lumières, en plus de l’exposition permanente, le Musée propose également aux visiteurs une exhibition exceptionnelle de judaïca dont des ‘hanoucciot créées par les meilleurs artistes contemporains du pays  et de l’étranger, sur le thème du voyage. Les œuvres plus conceptuelles que les modèles classiques, dévoilent une beauté particulière
et étonnante, tout en respectant les normes halakhiques. Une présentation à découvrir à la fois pour les amateurs d’art juif et d’art moderne. Enfin, en ce temps de vacances scolaires, le Musée n’oublie pas les enfants. Il propose pour eux toute une gamme d’activités se rapportant à la fête de ‘Hanoucca. Par exemple, fabriquer son propre chandelier  en matériau recyclé. De la sorte, petits et grands tireront avantage de cette sortie à la fois récréative et instructive.
Noémie Grynberg

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