24 Tevet 5780‎ | 21 janvier 2020

Modiin, berceau des Maccabim

Modiin symbolise la résistance des Hébreux contre les Séleucides au deuxième siècle avant l’ère vulgaire. Les vestiges les plus emblématiques de cette période restent sans conteste les tombes des Maccabim, (dont celle de Yéhouda, héros de ‘Hanouka) qui reconsacrèrent le Beth Hamikdash après sa profanation
par les Grecs. Chaque année, pour célébrer la fête des Lumières, une torche est allumée et transportée de la cité antique jusqu’à la Capitale. Modiin est mentionnée dans le Livre des Hasmonéens et dans la Michna. Signifiant en hébreu « information », peut-être en raison de son exposition géographique
privilégiée, elle se situe à la lisière des contreforts des Monts de Judée, à michemin entre la plaine côtière à l’ouest et les montagnes de Jérusalem à l’est. Au temps biblique, la tribu de Dan occupa
entre autres cette portion du pays. Puis le retour de l’exil de Babel amena une nouvelle vague de Juifs à s’installer à Modiin. En 2016, 16 pièces d’argent (des shekels et demi-shekels) datant de la période hasmonéenne, il y a environ 2140 ans, ont été découvertes lors d’une fouille dans la ville. Emblème de la fierté juive Indissociable de la fête de ‘Hanouka et des Maccabim, la région de Modiin compte
de riches restes architecturaux de la période juive tardive du 8e et 7e siècles avant l’ère vulgaire, comme d’anciens bains rituels juifs (mikvé) et romains, les restes d’une synagogue datant du premier siècle avant l’ère vulgaire, différents objets de céramique de l’époque des premiers rois d’Israël, des pièces de monnaies, des tombeaux hasmonéens et hellénistiques. Les vestiges antiques permettent de visualiser
physiquement à quoi ressemblait la communauté hébreue du temps du second Temple, de mieux comprendre la société et la culture juive de l’époque. Berceau et patrie des Maccabim, Modiin symbolise le courage, la bravoure et l’honneur de tout un peuple luttant pour son indépendance, sa foi et son identité propre, résistant à l’assimilation forcée. En 167 avant l’ère vulgaire, le Cohen Gadol Mattitiaou, père de l’illustre famille des futurs rois hasmonéens donna le signal de la première révolte contre Antiochos IV Epiphane  (175 – 164.) qui profana le Temple, interdit la Brit Mila et l’observance du chabbat. Lors de cette célèbre insurrection, bien que les rebelles fussent forcés de quitter le village de Modiin, ils purent tout de même y enterrer leurs morts. Shimon, fils de Mattitiaou, y construisit un
magnifique mausolée paré de sept pyramides et de hautes colonnes sculptées visibles depuis la mer. Ce n’est que du temps de son jeune frère Yonathan, grand prêtre assassiné en -143, que Modiin passa sous contrôle juif. Enfin, c’est encore là que les 2 fils de Shimon campèrent avant la bataille de Kidron aux portes de Jérusalem. La ville nouvelle Dans les années 50 germa l’idée de rebâtir Modiin, alors terrain militaire, en ville moderne. Vingt ans plus tard, la perspective de la ligne verte réactualisa le projet.
Les nouveaux premiers habitants de la cité s’y installèrent en 1996. Aujourd’hui, en pleine expansion, la ville compte près de 90 000 citadins. A mi-chemin entre les 2 grandes métropoles du pays, Jérusalem et Tel-Aviv, avec son environnement naturel privilégié et son cadre de vie appréciable, son développement est montré comme exemple. Lieu antique remis au goût du jour, Modiin allie passé et présent. Sur les ruines de son épopée héroïque, elle est renée de ses cendres pour devenir une citée à la page fière de son patrimoine.
Noémie Grynberg