7 Tevet 5779‎ | 15 décembre 2018

Conférence 2018 de l’EJA Vers une harmonisation de la lutte contre le BDS

Députés européens, personnalités israéliennes et responsables communautaires : Ils étaient tous réunis les 6 et 7 novembre dernier à Bruxelles pour la conférence annuelle de l’EJA. Fondée en 2007, l’Association juive européenne veut peser sur les décideurs pour préserver le judaïsme sur le vieux continent et renforcer les liens avec Israël. Au coeur de cette édition 2018 : la lutte contre le boycott d’Israël et l’antisémitisme. « Voir et entendre autant de Juifs se rassembler  en cette période cruciale me remplit d’un mélange d’espoir et d’inquiétude. L’Europe se trouve à un carrefour politique et va, probablement, se polariser de plus en plus à l’écart des partis centristes après les élections de 2019, les enjeux n’ont jamais été aussi élevés » : C’est par ces mots forts que le Rav Menahem Margolin, président de l’EJA depuis 2010, a ouvert la conférence qui se tenait à Bruxelles, coeur névralgique de l’Europe politique. L’EJA a un créneau : peser auprès des divers organismes qui gravitent autour de l’Union européenne pour défendre la communauté juive mais aussi faire de la pédagogie afin de renforcer la relation Europe – Israël. Avec parfois des positions tranchantes comme en 2015 lorsque l’EJA s’est exprimé en faveur de l’armement des gardes dans les synagogues face aux risques d’attaques terroristes. Pour le Rav Margolin, « Israël est la seule assurance-vie pour les Juifs à travers le monde. Jérusalem incarne la liberté de religion. L’Europe devrait prendre Jérusalem comme modèle ». Sur deux jours,
des dizaines des responsables communautaires européens et des élus de l’UE ont réfléchi autour des notions de souveraineté de Jérusalem, des outils juridiques et politiques pour contrer les appels au boycott d’Israël, le tout avec en toile de fond la résurgence des actes antisémites dont le dernier
était perpétré à Pittsburgh, quelques jours avant le début des débats. A noter du côté français, l’intervention de Me Pascal Markowicz, président exécutif du Comité Français de l’Association Internationale des Juristes Juifs. Cet avocat spécialiste de la lutte contre le mouvement BDS a rappelé combien la vigueur des actions de boycott contre Israël se traduit sur le terrain par une résurgence des paroles et des actes contre la communauté juive. « Beaucoup de juifs envisagent de quitter
l’Angleterre si le Travailliste Jeremy Corbyn est promu Premier Ministre » La lutte contre le boycott d’Israël : un combat dans lequel la France reste à la pointe grâce à un arsenal juridique unique. « Le boycott est illégal en France, a rappelé Me Markowicz sur les ondes de Radio J à l’issue de son intervention, ce n’est pas le cas dans tous les pays d’Europe où les lois sont moins objectives et donc moins applicables. En Europe de l’Est, le boycott est moins actif qu’à l’Ouest, d’où la nécessité d’une
harmonisation européenne ». Ces deux journées de réflexion, ont été aussi l’occasion de constater l’inquiétude grandissante des responsables juifs européens. Gideon Falter, président de la campagne contre l’antisémitisme en Grande-Bretagne, l’a affirmé : « Beaucoup de juifs envisagent de quitter le pays si le Travailliste Jeremy Corbyn est promu Premier Ministre ». « Nous avons besoin de l’aide, de l’expérience et du soutien des autres communautés juives » a expliqué Falter, soulignant que le parti travailliste avait refusé de condamner l’attentat de Pittsburgh « parce que cela reviendrait à condamner l’antisémitisme ». Sacha Ghozlan, président de l’Union des Etudiants Juifs de France a insisté, de son côté, sur la nécessité de mener des actions ciblées sur l’antisémitisme qui sévit sur la toile. A l’issue de la conférence 2018, une résolution finale a été adoptée appelant les dirigeants politiques à adopter officiellement la définition de l’antisémitisme mise au point par l’IHRA, à soutenir la création d’un poste de commissaire ou d’envoyé spécial se consacrant à l’antisémitisme, à l’échelon national, dans leurs différents pays, à rejeter les activités de BDS, spécifiées comme « antisémites » et s’engager pour la liberté des pratiques cultuelles, rituelles comme notamment la brit mila et les règles d’abattage rituel garantissant la casherout. Une résolution qui va être envoyée à tous les partis politiques d’Europe, et ce quelques mois avant les élections européennes qui se tiendront en mai prochain.

V. S.