8 Kislev 5779‎ | 16 novembre 2018

Reportage violemment anti-israélien sur France 2

La présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, n’a pas daigné répondre aux responsables du judaïsme organisé ni à l’ambassadrice Aliza Bin-Noun qui réclamaient l’annulation d’une diffusion incitant clairement à la haine.

La diffusion programmée dans la soirée du 11 octobre, sur France 2, d’un reportage intitulé « Gaza, une jeunesse estropiée » a provoqué une vive émotion dans notre communauté. Des responsables du judaïsme organisé et  l’ambassadrice d’Israël elle-même ont interpellé la chaîne et demandé l’annulation de cette diffusion qui s’inscrivait dans le cadre de l’émission « Envoyé Spécial ». En vain. Pourtant, la bande-annonce ne laissait planer aucun doute sur le partipris des auteurs du documentaire : « Quel avenir pour ces jeunes Gazaouis amputés d’une jambe par des tirs de soldats israéliens lors d’une marche du retour ? », pouvait-on entendre en voix-off. L’incitation à la haine, dont on mesure les dégâts avec onze Juifs assassinés en France en quelques années pour motif antisémite, était patente. Et le déséquilibre évident entre des Palestiniens présentés uniformément comme victimes et Tsahal, bras armé d’un Etat jugé brutal et injuste. Meyer Habib, député UDI des citoyens de l’étranger dont la circonscription comprend Israël, a vigoureusement protesté auprèsde Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions, proclamant qu’il  avait « mal à sa France ». « Halte à cette propagande qui tue », a-t-il lancé sur Internet, ajoutant : « Le gouvernement de ce pays ne peut tolérer plus longtemps, sur le service public, l’expression d’une pareille soumission à la stratégie cynique du Hamas (…). Mais il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir… » Joël Mergui a avancé des arguments similaires au nom du Consistoire. Le vice-président du CRIF, Gil Taieb, a averti Delphine Ernotte en ces termes : « Il y a dix-huit ans, France 2 faisait de la mort du petit Al Dura une icône. Suite à ces images et surtout au commentaire accusateur du journaliste Charles Enderlin (connu pour son soutien à l’extrême gauche israélienne – NDLR), un déferlement de haine antisémite a pris force allant jusqu’à armer la main du terroriste Mohamed Merah lequel, faisant référence à ce reportage tronqué, a exécuté des militaires et des enfants juifs. Aujourd’hui, France 2 récidive ».
Delphine Ernotte n’a pas répondu à ces mises en garde ni daigné s’adresser à la centaine de manifestants indignés qui s’étaient rassemblés le 10 octobre devant le siège de la chaîne, dans le 15e arrondissement de Paris. La diffusion en question a donné lieu, immédiatement, à de multiples avis et commentaires numériques haineux, complotistes voire orduriers à l’encontre de notre communauté. Le lendemain matin, des étudiants – dont deux Israéliens – ont découvert des inscriptions antisémites et nazies
sur le mur d’une salle de cours de l’école des Hautes Etudes Commerciales, plus connue sous le nom d’HEC. La direction, « profondément choquée », a condamné fermement le forfait et décidé de porter plainte. Ce grand établissement de renommée internationale compte de nombreux élèves juifs, parmi deux mille inscrits représentant cent cinq nationalités. Plusieurs dizaines d’Israéliens y préparent le fameux MBA, sésame pour l’entrée dans la vie des affaires outre-Atlantique et ailleurs « Il est inquiétant qu’un antisémitisme primaire se manifeste dans un milieu aussi privilégié que le nôtre », a remarqué devant la presse Cédric Sabbah, ancien président du groupe d’amitié HEC-Israël. C’est la première fois qu’un tel événement se produit ici. Difficile de croire à une simple coïncidence quelques heures seulement après la programmation d’un documentaire présentant l’Etat juif comme la figure du mal sur la scène proche-orientale.
Axel Gantz