11 Tevet 5779‎ | 19 décembre 2018

Entretien avec Rav Shmouel Marciano, No 5 dans la liste du parti Chass au élections municipales à Jérusalem « Nous avons été les premiers à comprendre le poids véritable des olim de France à Jérusalem »

Le rav Shmouel Marciano est avant tout un Talmid Hakham. Ami du rav Yonathan Sandler zal assassiné avec deux de ses enfants lors de l’attentat devant l’Ecole Ozar Hatorah, il dirige au quotidien le Kollel du Bet Sandler dans le quartier de Kiriat Yovel. Mais apparemment sa personnalité n’a pas échappé à Arié Derhy puisque le ministre de l’Intérieur a décidé de le nommer il y a 18 mois au Conseil municipal de Jérusalem sur la liste de Chass. A 20 jours des élections municipales, le Rav Shmouel Marciano nous fait partager son action en faveur de la communauté francophone et nous confie ses projets pour rendre Jérusalem plus belle encore.

Haguesher : Rav Shmouel Marciano avant de nous projeter vers ces élections municipales du 30 octobre, quel bilan dressez-vous de votre action en tant que conseiller municipal pendant un an et demi ?
Rav Shmouel Marciano : Je suis entré au conseil municipal de Jérusalem, en mars 2017. Et j’ai tout de suite pris conscience de l’importance de ce poste. Très vite j’ai pu mesurer les énormes besoins des olim francophones dans Jérusalem. Je venais déjà d’un monde ou l’on vient en aide au public mais là, c’était une autre dimension. Mais je suis vite entré dans l’action municipale et j’ai essayé de répondre à ces besoins avec les moyens dont je disposais.
– Concrètement, comment ce soutien s’est concrétisé ?
– Par une action dans une multitude de dossiers. Je me souviens que nous avons commencé en traduisant en français tous les documents relatifs à la             « arnona », la taxe municipale. Cela a permis à des centaines d’olim de mieux comprendre si oui ou non ils devaient payer la « arnona » et surtout comment la payer. Par la suite, nous avons eu à répondre aux sollicitations des olim dans d’autres domaines très importants comme l’admission des enfants dans les établissements scolaires, écoles, yéchivot et autres. Nous avons ouvert un bureau avec une permanence pour répondre à ce nombre grandissant de sollicitations. Je suis intervenu personnellement à de nombreuses reprises auprès des responsables municipaux. En chiffres, nous avons reçu uniquement pour des placements dans les jardins d’enfants, 150 à 200 sollicitations et nous avons pu aider dans 80 % des cas. Nous avons également été présents dans des problèmes de construction qui sont moins nombreux et nous avons même réglé des problèmes de stationnement et retiré des PV qui avaient été reçus abusivement. Nous avons ainsi évité à ces olim les tracas bureaucratiques
et avons été leur intermédiaire , leur voix à la mairie souvent sans qu’ils aient besoin de se déplacer. Nous avons également utilisé les techniques modernes et réseaux sociaux pour informer les olim et l’ensemble des habitants de Jérusalem de notre action. Par ailleurs, nous avons subventionné plusieurs grands rassemblements organisés par différentes associations dirigées vers le public francophone.
– Avez-vous eu vraiment le sentiment que si vous n’étiez pas là de nombreux olim auraient été dans la difficulté ?
– C’est peu de le dire. Je peux vous montrer de nombreux messages que j’ai reçu d’olim qui me remercient pour mon intervention durant ces 18 derniers mois. Il faut comprendre que ces olim n’avaient pas pour la plupart d’intermédiaire qui parlait français et beaucoup avaient même désespéré de comprendre les démarches à entreprendre à la mairie.
– Vous figurez à la 5e place de la liste électorale du parti Chass à Jérusalem. Quelles sont vos chances de conserver votre mandat et est-ce que votre leader
Arié Derhy mesure l’importance de l’alya de France ?
– Je pense qu’en étant réaliste je devrais conserver ce poste de conseiller municipal puisque lors des précédentes élections le parti Chass a obtenu 5 mandats. C’est un indice de la confiance qu’Arié Derhy m’accorde et une reconnaissance pour moi d’avoir accompli ma mission comme je le devais. Pour ce qui est de votre seconde question la réponse n’est pas seulement positive. Je peux affirmer puisque j’en suis la preuve vivante qu’Arié Derhy a été le premier leader politique d’envergure à prendre pleinement conscience du poids de l’alya de France à Jérusalem. En effet bien avant que cela ne devienne la « mode » de se doter d’un candidat francophone, Arié Derhy a compris qu’il fallait offrir à la communauté des olim de France, une voix au sein du conseil municipal et c’est lui qui m’a demandé d’entrer au Conseil. Il faut lui rendre hommage pour cela et c’est tout à son honneur. Et aujourd’hui, il y a 5 autres listes municipales qui ont suivi son exemple.
– Pourquoi le parti Chass n’a pas présenté un candidat à la mairie ?
– Parce que les instances du parti ont décidé de soutenir la candidature de Moché
Léon. Et parce qu’il ne faut pas multiplier les candidats. Il est préférable de se focaliser sur un candidat qui on le sait saura représenter les besoins de la population religieuse et orthodoxe en général et ceux de la communauté francophone. Lors de discussions avec Moché Leon, Arié Derhy a émis le souhait que je recoive le portefeuille de l’alya et de l’intégration à la Mairie qui est un portefeuille particulièrement important pour mieux remplir notre action à Jérusalem. D’une certaine manière, ce serait dans l’ordre des choses.
– Que pensez-vous de la multiplication du nombre des candidats francophones au Conseil Municipal ?
– J’en suis très heureux. C’est la preuve que nous avions raison d’entreprendre notre démarche il y a 18 mois et j’espère sincèrement que nous serons plusieurs élus francophones au prochain conseil municipal car cela renforcera considérablement notre poids et le poids de nos revendications.
– Quels sont les projets qu’il sera indispensable de développer au lendemain des élections du 30 octobre ?
– Tout d’abord si je suis réélu, j’aurais incontestablement un atout par rapport aux
autres candidats francophones qui se présentent cette fois-ci, c’est celui de l’expérience. Je n’aurais pas besoin de me mettre « en condition ». Je pourrais me mettre très vite au travail et être efficace depuis le premier jour. Pour ce qui est des défis qu’il faut relever, je considère que l’un d’eux est de rendre la capitale d’Israël plus propre. Nous souffrons à Jérusalem d’un véritable problème de propreté. La ville n’est pas propre. Les habitants de la capitale se plaignent que les éboueurs ne font pas convenablement leur travail, que les bennes à ordure entravent la circulation, le matin aux heures de pointe. Il faut absolument remédier à cette carence. Il est anormal que la capitale d’Israël et du peuple juif se distingue par son manque de propreté et d’ailleurs les olim de France m’ont plus d’une fois confié qu’ils étaient sensibles à ce dossier et qu’ils ne comprenaient pas pourquoi on ne pouvait pas investir un peu plus dans la ville. Pour ce qui est des
besoins des olim, si effectivement je suis nommé comme responsable du portefeuille de l’intégration, qui est aujourd’hui entre les mains des Russes, alors nous pourrons amplifier notre action sur le terrain, organiser des manifestations de loisirs et détente pour ce public qui en a besoin. Nous pourrons augmenter les budgets des Oulpanim d’hébreu afin d’offrir aux olim une meilleure connaissance de la langue. Ce sont des choses importantes qui nécessitent plus de moyens.
Propos recueillis par Daniel Haïk