15 Adar II 5779‎ | 22 mars 2019

Rav Yossef Chalom Elyachiv Zatsal (1910-2012)

Les circonstances de la naissance de ce Gadol furent particulièrement émouvantes : il naquit après 17 années d’attente, d’espoir et de prières, à Siauliai, en Lituanie. Son père était le Rav Avraham Lévinson et sa mère était la fille du Kabbaliste Rabbi Chlomo Elyachiv, auteur du « LéchemChéboVéa’hlama ». De retour d’une consultation chez un professeur qui ne lui laissait aucune chance d’avoir un enfant, la jeune femme ébranlée se retira dans l’écurie pour éclater en sanglots, en ayant le souci de ne pas perturber l’étude de son père. Ce dernier, si impressionné par sa retenue et son respect de la Torah, lui adressa une bénédiction : « par le mérite de cette attitude remarquable, tu auras un fils qui éclairera et guidera le Klal Israël ! »

Depuis son enfance, RavElyachiv s’enfermait dans une pièce pour y étudier sans être dérangé. Pour lui, chaque minute était précieuse, chaque instant était une opportunité unique pour se plonger dans cet immense océan de la Torah qui représentait, tout au long de sa vie, son seul et unique centre d’intérêt. Ayant étudié seul dans des BatéMidrachot et non pas dans des Yéchivot, il fut considéré comme un autodidacte. En 1924, sa famille s’installa en Erets-Israël, à MéaChéarim. (Pour obtenir leurs papiers plus facilement, il leur avait été recommandé d’adopter le nom de jeune fille de la maman).

En 1930, il se maria à la fille du RavAryéLévine. Peu après son mariage, les médecins avaient diagnostiqué qu’il ne lui restait que deux semaines à vivre mais, par la force de son Limoud, RavYossef Chalom Elyachiv vécut plus d’un siècle laissant derrière lui plus de 1000 descendants. Il eut douze enfants et affronta avec Foi de lourdes épreuves : six de ses enfants décédèrent de son vivant.

En 1940, après le décès de son père, il le succéda au poste de Rav du Beth Hamidrach « TiféretBa’hourim » où il dispensait un cours quotidien de Guemara. Au début des années 50, il fut désigné Rav de la ville de Ramlé mais démissionna assez rapidement de son poste. Il fut ensuite nommé Dayan au grand tribunal rabbinique.

Après le décès de Rav Ména’hem Elazar Chakh en 2001, il devint malgré lui, le dirigeant spirituel du monde de la Torah issu des Yéchivot lituaniennes. Aussi, il guida, avec dévouement, les députés du parti qui défendait les valeurs de la Torah, tout en limitant le temps qu’il leur consacrait… à quelques minutes par jour.L’un de ses fervents disciples, le Rav Yossef Efrati a raconté que l’entrain et la joie aves lesquels le Rav Elyachiv étudiait étaient indescriptibles. Chaque mot de Torah était étudié avec beaucoup d’enthousiasme comme s’il s’agissait d’une découverte extraordinaire.

Dès 2003, son état de santé se dégrada et il dut subir de nombreuses opérations. Toutefois, malgré son âge avancé, sa fatigue et sa faiblesse, il ne dormait que trois heures par nuit. Il fuyait les titres, les honneurs etlimitait au maximum ses interventions publiques. Doté de Middot particulières, ses proches ont témoigné qu’il avait une patience hors-pair à l’égard de tout celui qui le consultait – « petit ou grand », sans distinction – et n’interrompait jamais son interlocuteur. Lorsqu’on lui demanda conseil pour réussir à se lever pour la Téfila, il répondit : « si vous étiez propriétaire d’un commerce, auriez-vous eu des difficultés à sauter du lit pour ouvrir votre boutique ? Non…car cette activité est source de Parnassa… Si l’on prenait conscience de la valeur et de l’apport de la Téfila, on n’aurait pas de mal à nous y rendre à l’heure…elle nous fait ‘gagner’ bien plus que les bénéfices d’un commerce ! »

Il fut rappelé au Ciel le 28 Tamouz et fut enterré au HarHaménou’hot. Conformément à son testament, il n’y a pas eu d’Hespédim à sa Lévaya.

Que son mérite nous protège !

Yokheved Levy