8 Kislev 5779‎ | 16 novembre 2018

Lois et coutumes des Trois semaines (part. I)

La période séparant le 17 Tamouz du 9 Av est communément appelée : BeinHamétsarim– d’après l’expression du verset d’Eikha(1, 3), et que l’on peut traduire par : « entrelesmalheurs ».

 

YonathanBendennoune

 

 

Depuis le 17 Tamouz – date à laquelle une brèche fut ouverte dans les murailles de Jérusalem par l’envahisseur – et le 9 Av – qui scella la destruction du Temple et de Jérusalem – nous devons respecter certaines règles et coutumes de deuil, pour marquer notre affliction à l’égard de ces événements.

Les manifestationsfestives

La première marque de deuil est exprimée en nous abstenant de jouer de la musique et de participer à des événements festifs pendant toute cette période. À cet égard, la plupart des communautés ont coutume de ne pas organiser de mariage ni de cérémonie de fiançailles pendant toute la durée des Trois semaines.Cependant, la coutume séfarade prise à la lettre ne l’interdit qu’à partir de Roch ‘Hodech Avuniquement.

En revanche, il est permis d’organiser une cérémonie de Brit Mila ou de Bar Mitsva(le jour même des treize ans du jeune garçon), et même d’y chanter comme de coutume. La même règle s’applique également à des Chéva Berakhot, pendant la période suivant un mariage.Mais pour ce qui est de faire jouer un orchestre lors de tels événements, de nombreux décisionnaires l’interdisent.

S’agissant d’écouter de la musique à partir d’un appareil électrique ou électronique, les avis sont partagés. Certains avis considèrent que seuls les concerts et autres représentations publiques sont interdites, mais pas ce type d’audition qui ne procure pas une jouissance particulière. D’autres avis se montrent plus stricts à cet égard, et considèrent que toute musique est susceptible de réjouir le cœur, quel que soit le moyen utilisé.

Chéhé’héyanoupendant les Trois semaines

Les coutumes sont également partagées concernant la bénédiction de Chéhé’héyanou : de nombreux décisionnaires considèrent qu’il faut éviter de la prononcer pendant toute la durée des Trois semaines, d’autres ne l’interdisent qu’à partir de Roch ‘Hodech Av.

D’après les premiers avis, on ne consommera donc pas de fruit d’une nouvelle récolte pendant cette période, et on ne mettra pas un habit neuf requérant cette bénédiction. Concernant l’achat d’un nouveau vêtement, la coutume largement répandue de nos jours veut qu’on prononce Chéhé’héyanouuniquement au moment où on le porte pour la première fois (et non lors de l’achat). Si bien que selon de nombreux décisionnaires, on peut autoriser d’acheter de nouveaux habits après le 17 Tamouz, pour autant qu’on les mette pour la première fois seulement après TichaBéav.Mais cela sera de toute façon interdit à partir de Roch ‘Hodech.

En revanche, il est permis de prononcer cette bénédiction pour des circonstances heureuses qui surviendraient pendant cette période, et qui ne dépendent pas de la volonté de celui qui la récite. Ainsi, on peut la prononcer pour l’accomplissement d’une mitsva(comme une Brit Mila), pour l’annonce d’une nouvelle heureuse (comme la naissance d’une fille) ou pour des retrouvailles avec un être cher. Pendant les Chabbat de cette période, la plupart des décisionnaires autorisent de réciter Chéhé’héyanou, quoique certains s’en abstiennent eu égard aux enseignements du Ari zal.

Se couper les cheveux

Les communautés ashkénazes, ainsi que certaines obédiences séfarades (notamment celles fidèles aux prescriptions du Ari zal), ont coutume d’observer l’interdiction de se couper les cheveux dès le début des Trois semaines. D’après ces avis, on évitera de couper les cheveux également aux enfants –même les tout petits – afin de manifester le deuil profond qui nous habite pendant cette période. Mais en cas de nécessité, on peut faire preuve d’indulgence et couper les cheveux des enfants jusqu’à la semaine de TichaBéav (comme nous le verrons la semaine prochaine).

Cette interdiction inclut aussi bien les cheveux, la barbe et la moustache, ainsi que tous les autres poils du corps. Toutefois, si la moustache gêne pour manger, il est permis de l’écourter. Une femme a le droit de se couper les cheveux si ceux-ci, en raison de leur longueur, deviennent visibles aux regards extérieurs.

Éviter les endroits dangereux

De manière générale, on évite pendant cette période de se rendre dans des lieux à risque ou de réaliser des activités comportant un certain danger, car ce sont des « jours propices aux malheurs ». Toutefois, on a le droit d’aller se baigner à la mer ou dans une piscine jusqu’à Roch ‘Hodech (certains le permettent uniquement si l’on s’y était rendu déjà une première fois avant le 17 Tamouz).