14 Tishri 5779‎ | 23 septembre 2018

Pourquoi l’accord de Vienne sur le nucléaire n’a été profitable qu’à l’Iran

Dans ce qu’il dit et surtout dans ce qu’il ne dit pas, ce deal si activement promu par l’administration Obama à l’heure du retrait progressif des Etats-Unis du Moyen-Orient n’a fait qu’encourager les aspirations hégémoniques de l’Iran en légitimant sa future acquisition de bombes atomiques…

Iranian Foreign Minister Mohammad Javad Zarif, Iranian ambassador to IAEA Ali Akbar Salehi, Russian Foreign Minister Sergey Lavrov, British Secretary of State for Foreign and Commonwealth Affairs Philip Hammond, U.S. Secretary of State John Kerry and U.S. Secretary of Energy Ernest Moniz (L-R) prepare for a family photo in Vienna, Austria 14 July, 2015. Six major powers seeking to negotiate an agreement to limit the Iranian nuclear programme concluded a meeting that lasted just over an hour on Tuesday, a U.S. official said. The official, who spoke on condition of anonymity, said Iran did not take part in the meeting. REUTERS/Leonhard Foeger - LR2EB7E0QO5UL

A cinq niveaux au moins, l’Accord de Vienne – censé retarder d’une décennie l’accès de l’Iran à l’arme nucléaire – s’est révélé comme une lamentable retraite face à l’un des pires régimes de l’islam fanatique.

-1/ Pas de visibilité dans les activités nucléaires iraniennes
Alors qu’Obama avait prétendu que, grâce à cet accord le monde pourra « vérifier pour la 1ère fois les engagements iraniens », c’est le contraire qui s’est produit. En effet, l’Agence Internationale à l’Energie atomique (AIEA) a mis en décembre 2015 un terme définitif à toutes ses enquêtes sur les aspects militaires du programme nucléaire iranien : une démarche qui, depuis, a empêché toute transparence des activités nucléaires réelles des mollahs – dont celles révélées grâce aux récentes trouvailles du Mossad à Téhéran… Résultats : personne ne sait aujourd’hui quelle quantité d’uranium (et à quel taux ?) l’Iran a de facto continué de produire secrètement avec ses 6 000 centrifugeuses autorisées par cet accord qui a aussi laissé Téhéran fabriquer des centrifugeuses « dernier-cri »… 

-2/ Aucun contrôle des sites suspects
Malgré les promesses réitérées d’Obama que cet accord garantirait l’accès des équipes d’inspecteurs de l’AIEA aux sites nucléaires sensibles de l’Iran, certaines clauses secrètes additives à ce deal publiées par la suite ont autorisé les mollahs à s’auto-inspecter eux-mêmes ! Si bien que Téhéran a sans cesse repoussé toute « visite-surprise » de ses infrastructures nucléaires…

-3/ Intensification de la fabrication de missiles balistiques
Malgré les pseudos-promesses de l’ex-secrétaire d’Etat américain, John Kerry, disant que les dispositions internationales limitant la production de missiles iraniens seraient maintenues dans l’Accord de Vienne, c’est le contraire qui s’est produit : l’Iran a intensifié à un niveau inégalé la production de missiles balistiques à moyenne et longue portées pouvant atteindre Israël, l’Europe et l’ouest des USA.

-4/ Levée des sanctions économiques sans contrepartie 
Après que l’AIEA a affirmé en janvier 2016 que l’Iran avait « respecté ses engagements de Vienne », les pays occidentaux ont levé leurs sanctions financières : l’Iran a donc reçu trois versements successifs de 200 milliards de ses avoirs, gelés en banque, pendant que les dirigeants et les hommes d’affaires européens promouvaient la relance tous azimuts du commerce extérieur iranien… Et ce, alors que ce régime continue de soutenir le terrorisme dans la région et de violer sans cesse les droits de l’homme les plus élémentaires !

-5/ Des dirigeants iraniens encore plus agressifs
Au lieu de renforcer le camp des responsables iraniens pseudo-« modérés » comme voulaient le croire les Occidentaux, ce deal n’a fait qu’accroître depuis trois ans leur agressivité : Téhéran multiplie ses attaques cybernétiques contre les USA et Israël, alors que ses dirigeants menacent sans cesse l’Etat hébreu d’annihilation totale ; l’Iran réarme le Hamas de Gaza ainsi que les groupes djihadistes palestiniens. Prétextant « défendre » le régime Assad contre Daësh et la rébellion sunnite en syrienne, il équipe les 80 000 miliciens chiites exportés d’Irak, le Hezbollah libanais et la Brigade Al-Qods de leurs Gardes révolutionnaires en Syrie de centaines de missiles et de drones d’attaques grâce à un « pont aérien » permanent Téhéran-Damas. Le tout en soutenant les rébellions chiites au Yémen et au Bahreïn et en poursuivant ses menées déstabilisatrices en Afrique et en Amérique du Sud
Richard Darmon