10 Tishri 5779‎ | 19 septembre 2018

Frénésie anti-israélienne dans les médias français

Les manifestations du Hamas, les révélations de BinyaminNétanyaou sur le nucléaire iranien, les propos antisémites de Mahmoud Abbas… : ces informations ont donné lieu à des commentaires acerbes, méprisantsvoire complotistes contre Jérusalem.

Prime Minister Benjamin Netanyahu exposes files that prove Iran's nuclear program in a press conference at the Kirya government headquarters in Tel Aviv, on April 30, 2018. Photo by Miriam Alster/Flash90 *** Local Caption *** øàù äîîùìä áðéîéï ðúðéäå îñéáú òéúåðàéí çùéôä úé÷éí äåëçåú úåëðéú äâøòéï ðù÷ âøòéðé àéøï àéøàï ä÷øééä úì àáéá

« Nétanyaou a le goût des formules d’estrade », a commenté le quotidien Le Monde après la prestation du Premier ministre, le 30 avril, sur les documents démontrant les mensonges du régime des mollahs quant au programme nucléaire iranien.La presse française, dans l’ensemble, n’a nullement relevé l’exploit du Mossad, salué outre-Atlantique et ailleurs dans le monde. Les cent mille données mises au jour ont été qualifiées d’« obsolètes, déjà connues, sans intérêt », etc. Et le chef du gouvernement israélien a eu droit à une volée de bois vert, traité de « paranoïaque, metteur en scène, bonimenteur »…
Il a surtout été accusé par les éditorialistes hexagonaux de « faire pression » sur Washington en vue de la remise à plat de l’accord international du 14 juillet 2015 au moyen de procédés déloyaux, malhonnêtes voire « mensongers ». L’authenticité des archives subtilisées et l’opération des services secrets de l’Etat juif elle-même,ont été jugées douteuses par certains médias.« La principale faiblesse de la dramaturgie de Nétanyaouréside dans l’absence de preuves claires d’une violation par l’Iran des termes de l’accord de 2015 », a précisé Le Monde, estimant avec mépris que le but poursuivi était exclusivement politicien et l’allocution du 30 avril adressée « uniquement » à Donald Trump.
Dans les talk-shows radiophoniques et télévisés, les critiques acerbes et alarmistes contre Jérusalem ont fusé. Plusieurs « experts » patentés en relations internationales comme le très anti-israélien Pascal Boniface, ou encore l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin (aujourd’hui avocat d’affaires pour des entreprises du Qatar et d’autres monarchies du Golfe) ont expliqué doctement que BinyaminNétanyaou préparait une guerre « sans objet et inutile » contre Téhéran qui allait mettre le feu aux poudres non seulement dans la région mais dans le monde entier, avec la recrudescence probable du terrorisme.
Ils ont laissé croire que dans ce dossier, Donald Trump n’était que le valet de Jérusalem, selon une rhétorique complotiste éprouvée.
On a entendu desspécialistes des Etats-Unis prétendre sur les chaînes de télévision publiques que le président américain était « dans la main » des Juifs « pour raisons familiales » – allusion non voilée à son gendre, Jared Kushner, fidèle du Beth Habad de Washington, et à sa fille Ivanka convertie au judaïsme.
S’agissant des déclarations antisémites de Mahmoud Abbas, qui a notamment affirmé le 30 avril que la Shoah était la conséquence du « rôle social » des Juifs « dans l’usure et la banque », silence radio. La presse française n’en a pas soufflé mot… jusqu’au 4 mai, autrement dit jusqu’au moment où le leader palestinien a fini par s’excuser après les condamnations venues essentiellement, une fois de plus, des Etats-Unis mais aussi de l’Union européenne.
Les médias ont relaté les faits sans commentaires particuliers ni indignation, considérant que l’incident était clos et qu’il reflétait simplement le grand âge du raïs, « gâteux et frustré » par le blocage du processus de paix, selon le journal Libération.
Dans ce contexte, on comprend les sentiments de malaiseou d’abattement qui dominent dans les milieux communautaires face à une presse nationale ne manifestant pas la moindre compassion pour le peuple israélien, après avoir accusé Tsahal de « crimes aveugles » au mois d’avril lors des tentatives d’incursions fomentées par le Hamas le long de la frontière gazaouie. Il semble même que l’utilisation cynique et barbare d’enfants placés en première ligne par l’organisation terroriste n’ait ému personne dans les salles de rédaction.

Axel Gantz