7 Elul 5778‎ | 18 août 2018

Le plan ambitieux d’Edouard Philippe contre la radicalisation

French Prime Minister Edouard Philippe talks at the Munich Security Conference in Munich, Germany, February 17, 2018. REUTERS/Michaela Rehle - UP1EE2H0U5934

Le Premier ministre Edouard Philippe a dévoilé le 23 février, à Lille, le contenu du plan national de prévention de la radicalisation. C’est le quatrième du genre en quelques années mais il va beaucoup plus loin que les précédents.

Le chef du gouvernement a notamment annoncé le renforcement du contrôle des écoles musulmanes hors contrat afin de lutter contre les théories complotistes et préjugés antisémites qui circulent dans ces établissements. Les enseignants du public comme du privé seront globalement mieux formés pour qu’ils sachent comment apprendre aux élèves à distinguer ce qui relève de la connaissance de ce qui relève du conspirationnisme.

Par ailleurs, de nouveaux quartiers vont être aménagés dans les prisons pour isoler complètement les détenus islamistes, avec la création de mille cinq cents places dans ces zones « étanches », dont quatre cent cinquante d’ici fin 2018. Une décision ambitieuse et… coûteuse.

Pour les djihadistes français revenant de Syrie ou d’Irak, Edouard Philippe souhaite instaurer des « centres de prise en charge individualisée » en milieu ouvert, s’inspirant d’un modèle ayant paraît-il bien fonctionné au Danemark. Dans ce cadre, un suivi psychologique particulier est prévu pour les mineurs. Soixante-huit seraient déjà de retour sur le territoire national et environ cinq cents se trouveraient encore là-bas.

L’exécutif veut également développer un « contre-discours » numérique pour combattre la propagande de Daesh et de ses soutiens sur Internet. « Vaste programme », selon la célèbre formule du général de Gaulle : on sait que dans ce domaine, les islamistes ont hélas une longueur d’avance sur les démocrates. Le Premier ministre a admis lui-même qu’il n’existait « aucune baguette magique » en la matière.

Cependant, la dernière mesure du plan semble prometteuse car plus facile à concrétiser : l’éviction rapide des agents de la fonction publique « portant atteinte au principe de neutralité de l’Etat ». Cette annonce concerne notamment la RATP ou Aéroports de Paris qui ont embauché des cohortes de « grands frères », autrement dit de musulmans radicaux, avec des conséquences graves régulièrement dénoncées par la presse.

Axel Gantz