17 Tishri 5779‎ | 26 septembre 2018

Chevilly-Larue : un nouveau Séfer Torah pour une communauté paisible

 

L’inauguration du rouleau sacré aura lieu le 4 mars. Ici, la démographie juive est stable et la pratique cultuelle se porte bien – avec des enfants inscrits de plus en plus fréquemment dans les écoles confessionnelles voisines de Créteil ou du 13e.

 

Dans la communauté de Chevilly-Larue (Val-de-Marne), les Sportès sont connus et respectés. Cette famille, propriétaire d’une entreprise de pompes funèbres fondée en 1970, se montre particulièrement généreuse. Dernière initiative en date : Yves Sportès a offert un séfer Torah à la synagogue au nom de son père Jacques, décédé il y a un an. Il sera inauguré le 4 mars au cours d’une cérémonie qui aura lieu à 14 heures au centre communautaire (de trois cents mètres carrés), situé à cinq cents mètres de la choule sur le territoire de la commune de L’Haÿ-les-Roses. Les Juifs des deux villes appartiennent à la même association cultuelle présidée par Jacques Benchitrit depuis 2011. Des résidents de Rungis ou encore des hauteurs de Thiais, Vitry et Villejuif ont également leurs habitudes à la synagogue de Chevilly, si bien qu’elle compte un nombre appréciable de fidèles le Chabbat matin : près d’une centaine. « En revanche, regrette Jacques Benchitrit, le minyan quotidien dont nous avons pris l’initiative en 2017 suite à un décès – pour que le kaddich soit lu collectivement chaque jour – n’a tenu que quelques mois… »

La communauté est tout de même assez active. D’abord, elle est démographiquement stable dans cette zone surtout pavillonnaire avec environ soixante-quinze familles à Chevilly et presque autant à L’Haÿ. Ensuite, le rav Mendy Attal, chalia’h Habad local, délivre un chiour très apprécié au centre communautaire, tous les lundis. Les Loubavitch n’ont pas de lieu de prière « à eux », ils sont pleinement intégrés à la choule du rav Abraham Toledano, associée au Consistoire, dans un esprit coopératif. Un projet de mikvé (divisé en trois : pour les hommes, les femmes et les kelim ou ustensiles alimentaires) sera bientôt concrétisé et le bain rituel devrait ouvrir à l’automne 2018.
Cela démontre la prévalence des besoins spirituels. Si le petit talmud Torah a fermé récemment, ce n’est pas mauvais signe, au contraire : c’est parce que les foyers juifs de la région envoient de plus en plus fréquemment leurs enfants dans les écoles confessionnelles voisines, celles de Créteil ou du 13e arrondissement, Yavné en particulier.

Le rav Toledano est également sofer et inscrira de sa main, le 4 mars, les dernières lettres du rouleau sacré qui provient d’Israël. Entre cent et cent cinquante personnes sont attendues ce jour-là.

Notons encore que la synagogue, fondée au début des années 80 par Armand Amsellem zal (qui en est resté président pendant quarante-quatre ans !) dans un espace loué à la municipalité, s’est agrandie en 1991 et a été achetée au final, en 1998, par la communauté.

Les grands commerces casher ne sont pas loin, à Créteil ou ailleurs dans le sud parisien et les incivilités antisémites sont relativement rares, même dans le quartier « sensible » des Sorbiers, à deux pas de la choule. « Des Juifs aujourd’hui âgés y sont installés depuis longtemps, indique Jacques Benchitrit. Ils n’ont pas l’intention de partir car ils ne se sentent pas spécialement rejetés ou agressés. Et dans cette ville, on peut arborer la kippa dans la rue ». Il faut préciser que les réunions interreligieuses sont une tradition ancienne à Chevilly et ne concernent pas seulement les responsables cultuels ; des rencontres conviviales sont organisées régulièrement avec, parfois, des centaines d’habitants. Cela permet de désamorcer les tensions.

 

Axel Gantz