12 Kislev 5781‎ | 28 novembre 2020

A propos de la centralité de l’Etude et de la yéchiva

Dans cet extrait de la biographie qui lui a été consacrée « De la tourmente à la reconstruction » (Editions Inpress), le grand rabbin Henri Schilli vante l’importance de la yéchiva et du Limoud Torah.

 

La centralité de l’Etude, ayant notamment pour cadre la Yéchiva a constitué une trame dans la vie du rabbin Schilli car pour lui :  » le judaïsme est fondé solidement sur l’étude qui conduit bien entendu à la connaissance et c’est la connaissance qui conduit à la découverte des valeurs qui donnent une signification à l’existence. »….

Henri Schilli a beaucoup œuvré pour le développement des yéchivot. Dans l’introduction de l’ouvrage collectif évoqué plus haut « Vitalité de la pensée juive en France », le rabbin, loin de considérer les yechivot comme une menace qui pourraient détourner du Séminaire les meilleurs candidats, considère que leur enseignement traditionnel « est indispensable pour soutenir efficacement celui des écoles primaires ou secondaires ». Cette conviction le conduira à se mobiliser, dans le courant des années 50,  en faveur de la yéchiva de Fublaines, dirigée par le rav Guershon Liebman et par Elie Rotnemer, que le rabbin Schilli avait connu à Orsay. De même, dans les années 60, il soutient la création au Raincy du ‘Mercaz Hatorah’ par le rav Yaacov Tolédano. Michèle Tolédano, son épouse, qui avait connu le grand rabbin Schilli à la fin des années 40 à Orsay, témoigne: « Après avoir passé plusieurs années au Maroc avec mon mari à faire du Kirouv, nous sommes rentrés à Paris en 1967 et mon mari a décidé de créer une école juive ayant un excellent niveau en kodesh. Les débuts du ‘Mercaz Hatorah’ ont été très durs. Personne ne nous a tendu la main à l’exception de deux grandes personnalités : le rabbin Elie Munk et le rabbin Schilli.  Ce dernier n’a cessé de nous encourager dans notre projet. »  Et Madame Tolédano d’ajouter que, pour elle, Henri Schilli a été un véritable visionnaire : « en particulier concernant l’importance de l’étude en yéchiva. ».

.          Plusieurs personnalités du monde orthodoxe français ont évoqué leur proximité avec le rabbin Schilli. Ainsi, le rav Claude Lemmel zal a témoigné, lors de la soirée marquant le centenaire de la naissance d’Henri Schilli, de l’influence de celui-ci sur son parcours: « C’était un homme de prières pour qui le dialogue avec Hachem était particulièrement important. C’est Henri Schilli lui-même qui, alors que je venais de sortir d’Orsay, m’a dit que je devais aller étudier à la yéchiva d’Aix-les-Bains ».  Un avis  partagé par le rabbin Ephraïm (Fernand) Klapisch, co-fondateur  de la yéchiva des Etudiants à Strasbourg, qui reconnait avoir une dette envers Henri Schilli, Dans son témoignage adressé à Nicole Naouri, il écrit : « C’est grâce à lui que j’ai été à Aix-les-Bains. Et après je suis parti à la Yéchiva de Beer Yaacov en Israël,  je crois que c’est lui qui a réussi à persuader mes parents qui étaient hésitants à ce sujet.   ». A son arrivée du Maroc, au début des années soixante, le rabbin Michaël Tolédano, crée une yéchiva en Seine-et-Marne. Il bénéficie alors du soutien actif du rabbin Schilli et par la suite plusieurs élèves de cette yéchiva rejoindront l’Ecole rabbinique. Le rabbin Tolédano nous a confié que lorsqu’il s’est installé en Israël, à la fin des années 60 pour y fonder les institutions ‘Or Barouch’, Monsieur Schilli l’a encouragé dans sa démarche et a même présidé le premier comité des amis de Or Barouch en France. Une yéchiva portant le nom du rabbin Schilli, « Beth Itzhak » a été fondée à Jérusalem par les institutions Or Barouch grâce au soutien de Madame Diane de Rothschild-Benvenuti qui vouait un immense respect au directeur du Séminaire.

Outre le temps qu’il consacrait à son étude personnelle, le grand rabbin Schilli affectionnait particulièrement le Limoud en ‘havrouta’ ou  en petits groupes. Jacques se souvient : « en particulier des périodes de vacances, où il prenait un immense plaisir à étudier avec ses deux gendres, les rabbins  Alain Goldmann et Saül Naouri, dont il était si fier ». Joël Schilli rapporte le souvenir que lui a confié un ancien élève-rabbin: « souvent, mon père assistait aux cours de guemara du grand rabbin Ernest Gugenheim comme un simple étudiant. ».