8 Iyyar 5778‎ | 23 avril 2018

Sarah Attal-Halimi zal : pourquoi l’espoir est encore permis

 La juge d’instruction a refusé en bloc, fin janvier, de procéder à une reconstitution du crime et de retenir son caractère antisémite. Mais tout reste possible à condition de garder la tête froide, malgré l’indignation légitime de la communauté juive de France. Explications.

 

Le parquet de Paris a demandé à la cour d’appel de trancher le débat sur le caractère antisémite ou non du meurtre de Sarah Attal-Halimi zal, torturée puis assassinée en avril 2017, après le refus de la juge d’instruction Anne Ihuellou de retenir à ce stade cette circonstance aggravante. La juge a aussi refusé, le 29 janvier, d’organiser une reconstitution avec le suspect, alors qu’une nouvelle expertise psychiatrique venait de le déclarer apte à ce genre d’exercice. Les dirigeants communautaires ont exprimé leur indignation unanime après cet énième rebondissement dilatoire, neuf mois après les faits. Une « insulte » à la mémoire de la victime et une « douleur » supplémentaire, ont légitimement relevé plusieurs responsables du judaïsme français.

Du côté des parties civiles, Maître Alexandre Buchinger, qui représente les enfants de Sarah Attal-Halimi zal avec Maîtres Francis Szpiner et Caroline Toby (« au même échelon », précise-t-il à Haguesher, une formulation qui s’est glissée dans notre numéro précédent laissant planer l’ambiguïté sur ce point), est à la manœuvre en compagnie de ses confrères pour sortir de l’impasse. « L’individu mis en examen – mais non accusé pour l’instant puisque l’information judiciaire est en cours – peut encore être soumis à la reconstitution que nous demandons, explique l’avocat. D’autre part, les qualifications qui nous préoccupent et hélas écartées pour le moment (antisémitisme, actes de barbarie, séquestration) sont désormais entre les mains de la chambre d’instruction de la cour d’appel de Paris. Elle a tout pouvoir pour imposer à Anne Ihuellou de changer de braquet et d’agir enfin selon la logique correspondant pour nous à la simple évidence factuelle ».

Pourquoi ne pas solliciter le dessaisissement de la magistrate, dont le parti pris scandalise notre communauté, comme l’a suggéré le président du Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA), Sammy Ghozlan ? Maître Buchinger considère que toute surenchère serait inutile et même… contre-productive : « Je ne doute pas du sérieux de la chambre d’instruction, qui finira – j’en suis sûr – par trancher en notre faveur, dit-il, et dans le sens voulu par le ministère public, mais de plus le dessaisissement suppose une récusation ou une requête en suspicion légitime. Or, il est rarissime que l’une ou l’autre procédure aboutisse. Cela risquerait de retarder les choses et, en cas d’échec probable, de nous placer en posture délicate ».

Il serait donc, une fois de plus, urgent d’attendre…

 

Axel Gantz

 

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