4 Adar 5778‎ | 19 février 2018

Les Juifs allemands et autrichiens inquiets de la montée de l’extrême-droite

Alexander Gauland and Alice Weidel of the Anti-immigration party Alternative for Germany (AfD) during a session of the German lower house of Parliament, Bundestag, in Berlin, Germany, February 1, 2018. REUTERS/Axel Schmidt - RC17DBA47110

Dès septembre dernier, le Congrès juif européen avait exprimé sa vive inquiétude après le succès du parti « Alternative pour l’Allemagne » (AfD) aux élections parlementaires en demandant à la chancelière Merkel de l’écarter d’emblée de tout projet de coalition gouvernementale. Fondé en 2013 comme « cercle universitaire anti-euro », l’AfD a pris son essor deux ans plus tard en tant que formation anti-migrants dans le sillage immédiat de la décision prise par Merkel en 2015 d’ouvrir les frontières de l’Allemagne aux réfugiés du Moyen-Orient et d’Afrique… Si bien que dès 2016, il ravissait pas mal de sièges aux conservateurs dans les élections locales, ce qui constituait un changement fort inquiétant par rapport au consensus politique anti-extrémiste de l’Allemagne d’après 1949.

Autre sujet de préoccupation dans un pays voisin : l’entrée toute récente de la formation ultra-nationaliste Freedom Party (FPO) dans la coalition gouvernementale dirigée par le jeune Premier ministre conservateur, Sebastian Kurz, après son très bon score de 26 % des voix aux élections parlementaires de décembre dernier !

Bien que Kurz ait dit dans un souci d’apaisement – notamment face à l’intention d’Israël de boycotter les ministres du FPO siégeant désormais dans son gouvernement – qu’il combattrait toute manifestation d’antisémitisme dans son pays, ses propos n’ont guère rassuré les dirigeants de la communauté juive. Et ce, d’autant que le FPO a été fondé par d’anciens nazis et que l’un de ses responsables, Herbert Kickl, nouveau ministre autrichien de l’Intérieur, a déclaré que les réfugiés SDF étrangers devront être internés dans des « centres spéciaux » pour aider les autorités à régler leur situation ! Après quoi l’IKG, la 1ère organisation juive d’Autriche, a annoncé juste qu’elle boycotterait la commémoration au parlement de la Journée internationale de la Shoah.

Richard Darmon

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