4 Adar 5778‎ | 19 février 2018

Après les graffitis et l’incendie antisémites : La communauté de Créteil sous le choc

L’émotion reste vive à Créteil (Val-de-Marne) après la découverte, le 3 janvier, de croix gammées sur les volets métalliques de deux magasins casher du centre commercial Kennedy – Hypercacher et Promo et Destock –, puis l’incendie du second à l’aube du 9 janvier. Un acharnement qui a provoqué de gros dégâts matériels. Sous le choc, le gérant de l’épicerie ravagée par les flammes, un Kabyle de confession musulmane, a fait un malaise et a été transporté à l’hôpital voisin Henri Mondor. « C’est un homme très apprécié de sa clientèle et de la communauté juive. Il est à l’image du cosmopolitisme de la ville », a témoigné un habitant devant la presse. On ignore encore le motif précis de la double agression : « punition » d’autres musulmans n’acceptant pas qu’un des leurs vende des produits casher, ou vengeance à caractère antisémite mais liée par ailleurs au trafic de drogue qui sévit dans le secteur ?

Quoi qu’il en soit, le maire préfère rester prudent. Laurent Cathala (PS) n’est même pas sûr que les graffitis et l’incendie aient été perpétrés par les mêmes malfrats. Le président de la communauté locale, Albert Elharrar, n’est pas d’accord. Pour lui, la relation est évidente. Il met en avant la coïncidence… qui n’en serait pas une entre l’anniversaire de la tuerie de la porte de Vincennes et les délits antijuifs de Créteil.

L’ambassadrice d’Israël, Aliza Bin-Noun, a condamné ces actes et lancé sur Internet : « Trois ans après le massacre de l’Hypercacher, cette nouvelle série d’attaques représente une provocation honteuse et prouve l’importance de la poursuite du combat contre l’antisémitisme ».

Les réactions politiques ont été nombreuses, surtout dans le Val-de-Marne – et jusqu’à Nice (Alpes-Maritimes) où le maire Les Républicains, Christian Estrosi, a exprimé ainsi sa colère : « C’est abject, intolérable et ignoble ».

Le 10 janvier dans la soirée, des membres de la communauté se sont réunis devant le centre Kennedy pour protester contre un climat dégradé pour les quelque vingt-trois mille Juifs de la commune et soutenir le gérant de Promo et Destock, lequel a annoncé dans la foulée qu’il entendait « reprendre un commerce » afin de ne pas donner le dernier mot aux assaillants.

 

Axel Gantz

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*