9 Iyyar 5778‎ | 24 avril 2018

Trump libère de prison l’ex-roi de la viande casher

Pour les Loubavitch et pour beaucoup de Hassidim américains, l’amnistie accordée par le président Trump à Shalom Mordekhaï Rubashkin, fidèle du mouvement Habad qui dirigeait un gigantesque abattoir et avait été condamné à 27 ans de prison pour fraude, répare une injustice.

 

La nouvelle a été perçue comme un miracle de Hanoucca par les Loubavitch américains. A la mi-décembre, Donald Trump a accordé sa grâce présidentielle à Shalom Mordekhaï Rubashkin, qui présidait avant sa condamnation le plus grand abattoir casher des Etats-Unis (Agriprocessors, dans l’Iowa). Ce fidèle hassid de Habad, âgé aujourd’hui de cinquante-sept ans et père de dix enfants, purgeait depuis 2009 une peine de vingt-sept années d’emprisonnement à Mont Hope – sur la côte Est – pour fraude bancaire, blanchiment et d’autres infractions financières. Il avait également été accusé d’employer des travailleurs illégaux mexicains.

A l’époque, le verdict avait  été jugé largement excessif à l’issue du procès, d’autant que le prévenu avait dû s’acquitter, de surcroît, d’une amende record de trente et un millions de dollars ! Les milieux judiciaires, politiques et surtout… juifs s’étaient alors émus de la lourdeur de la sentence. Des rassemblements de soutien avaient été organisés à l’époque dans de nombreuses villes, à commencer par New York. Des sommes ont ensuite été récoltées pour couvrir certains frais de justice. L’ancien président Barack Obama a été sollicité. Cinquante-deux mille personnes ont signé une pétition réclamant l’élargissement de Shalom Mordekhaï Rubashkin. Mais l’ex-locataire de la Maison Blanche s’est montré inflexible, contrairement à son successeur. En signant le décret de libération, Donald Trump – qui a invoqué un verdict disproportionné et un consensus chez les Républicains comme chez les Démocrates en faveur de ce geste – s’est attiré la sympathie des mouvements hassidiques d’outre-Atlantique et de la plupart de leurs membres. Une chaleureuse cérémonie de retrouvailles avec le détenu libéré s’est tenue fin décembre au siège historique du courant Loubavitch : le fameux 770, Eastern Parkway à Brooklyn. L’enthousiasme était à son comble et la foule compacte.

Il n’est pas impossible que le gendre et conseiller juif de Donald Trump, Jared Kushner, qui prie régulièrement dans le Beth Habad de Washington animé par le rav Levi Shemtov, ait joué un rôle discret dans cette affaire.

L’abattoir de l’Iowa a été fondé par le père du libéré, Aaron Rubashkin, un boucher né en Russie. Puis il a été considérablement développé, dans le strict respect de la Halakha, selon l’opinion générale parmi les rabbanim des Etats-Unis et d’Israël. Il comprenait une usine de conditionnement bovin, seule autorisée dans les années 2000 à exporter ses produits en Eretz depuis le territoire américain, en raison de la confiance exceptionnelle accordée par les autorités halakhiques à l’entreprise. Elle a fait faillite et disparu après l’incarcération de son PDG.

Axel Gantz

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