9 Heshvan 5779‎ | 18 octobre 2018

A la grande synagogue de la Victoire, la communauté juive se souvient du Grand rabbin Josy Eisenberg zal…

Cérémonie émouvante des Shiva, le 17 décembre, pour honorer la mémoire du célèbre grand rabbin disparu la semaine dernière à l’âge de 84 ans,et inhumé à Jérusalem.  Des personnalités communautaires mais aussi nationales, comme Jacques Attali, ont salué son rôle de pédagogue et de « passeur » de la Torah.

 

Environ quatre cents personnes ont rendu hommage au grand rabbin Josy (Yossef) Eisenberg zal, décédé dans la nuit du 8 au 9 décembre à l’âge de quatre-vingt-quatre ans. A la veille de la fin des Shiva, la cérémonie mémorielle s’est déroulée le dimanche 17 décembre en la synagogue parisienne de la Victoire.

Après l’office d’Arvit où a officié, comme c’est l’usage, le fils aîné du défunt, l’homme d’affaires et philanthrope Marc Eisenberg, on a  procédé à l’aallumage de la sixième bougie de ‘Hanoucca.

Dans son allocution, le président du Consistoire Joël Mergui, a évoqué les « Juifs éloignés » de toute vie cultuelle collective, ceux des petites villes et villages français qui ont tant appris grâce aux émissions du Grand rabbin Eisenberg. Puis, Armand Abécassis, célèbre penseur juif et invervenant régulier dans la Source de Vie, a pris la parole pour saluer son ami intime devant les enfants et petits-enfants du disparu. Il a rappelé le nombre incalculable d’émissions qu’ils ont animées ensemble et les livres qu’ils ont co-écrits, comme « Et D.ieu créa Eve » (chez Albin Michel) sur le rôle de la femme dans la tradition hébraïque.

Les orateurs, à commencer par l’ancien conseiller de François Mitterrand et économiste Jacques Attali, ont insisté sur l’intelligence de Josy Eisenberg, sa capacité de synthèse, ses talents de pédagogue et de « passeur ». « Toujours assis au deuxième rang dans cette même synagogue de la Victoire le jour de Kippour, il se dirigeait régulièrement vers le premier rang, où ma famille et moi étions installés, a raconté David de Rothschild,  actuel président de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah. Il nous gratifiait d’explications claires et motivantes sur tel ou tel aspect du rituel. Il m’a donné le goût des textes et de l’étude… »

Spécialiste des blagues juives (et parfaitement incollable sur le sujet), cet homme de télévision était surtout un puits de science dont la vivacité cérébrale demeurait constamment en alerte. « Il manifestait une vraie générosité dans son travail de transmission, selon le rabbin de la Victoire, le rav Moshé Sebbag, et ne transigeait pas sur l’orthodoxie tout en s’adressant à un large public ».

Le rav Alain Goldmann, ancien Grand rabbin de Paris, était particulièrement ému pendant la cérémonie. « J’ai étudié avec Josy à Strasbourg. Nous suivions les enseignements du rav Avraham-David Horowitz zatsal, alors dayan de la ville, dit-il à Haguesher. Puis, nous avons intégré le Séminaire de la rue Vauquelin. Je me souviens, comme si c’était hier, de sa rapidité intellectuelle : très jeune, il savait déjà avant les autres quelle question pertinente il convenait de poser à propos de tel ou tel passage de la guemara. Plus tard, devenu producteur dans l’audiovisuel public et écouté chaque dimanche par des dizaines de milliers de téléspectateurs, il me lançait malicieusement : « Je suis le rabbin de la plus grande communauté du pays ». C’était un camarade brillant et j’espère que son œuvre se poursuivra sur France 2 ».

On ignore qui remplacera Josy Eisenberg zal. Le rav Raphaël Sadin, de Baït Vagan (Jérusalem), serait pressenti pour la succession depuis environ deux ans. Quoi qu’il en soit, une série d’émissions préenregistrées sera diffusée jusqu’à la fin du printemps. La décision, qui dépend d’un accord entre la chaîne et le Consistoire, n’interviendra sans doute pas avant quelques mois – pour une nomination possible d’ici l’été prochain.

 

Axel Gantz