29 Tishri 5778‎ | 19 octobre 2017

Michpat Chalom

Un dédommagement suffit-il ?

QUESTION : Lorsque David a causé un dommage à son voisin, il s’est rendu avec lui au Beth Din pour régler leur litige. David a dédommagé son voisin conformément à la décision du Beth Din, mais malgré cela, celui-ci ne lui adresse toujours pas la parole. A l’approche de Yom Kippour, David se demande s’il doit de plus présenter des excuses à son voisin et se réconcilier avec lui.

Réponse : Le Choul’han Aroukh Ora’h Haïm (606, 1) écrit : « Les fautes commises vis-à-vis de son prochain ne seront pas pardonnées le jour de Kippour tant qu’on ne lui a pas demandé pardon, même si on l’a seulement vexé par des paroles ». En effet, le Rambam (Téchouva 2; 9) écrit : « La téchouva et le jour de Kippour expient uniquement les fautes commises vis-à-vis du Ciel [par exemple la consommation d’un aliment interdit]. En revanche, les fautes perpétrées vis-à-vis de son prochain, telles un dégât ou un vol, seront expiées seulement après que [le fautif] aura payé ce qu’il lui doit et lui aura demandé pardon ». D’autre part, le Rambam (‘Hovel Oumazik 5, 9) écrit que c’est uniquement pour un dommage corporel, et non financier, que le coupable doit demander pardon à sa victime. Face à cette contradiction, le Lé’hem Michné (idem) explique que le Rambam dans Hilkhot Téchouva impose de demander pardon à la victime uniquement pour un vol, et non pour un dommage financier, auquel cas seul le remboursement est requis. Le Lé’hem Michné justifie ainsi cette distinction : dans le cas d’un vol, le voleur profite de son acte et la victime en souffre considérablement. A contrario, un dommage financier ne cause pas de profit à celui qui le commet, et la souffrance de la victime est généralement négligeable une fois qu’elle a été dédommagée. Le Pri Adama (idem) résout la contradiction en établissant une distinction entre un dégât causé intentionnellement ou non. Par conséquent, dans le cas de David, comme il s’agissait d’un dégât non intentionnel, il n’a pas l’obligation d’obtenir le pardon de son voisin. Mais le Smag (mitsva 70) écrit que même s’il n’y a pas d’obligation formelle, c’est néanmoins une mitsva de se réconcilier avec lui. Rappelons aussi que le Aroukh Hachoul’han (606; 4) conseille de demander pardon, la veille de Kippour, même aux personnes envers lesquelles on n’a pas fauté, de peur de leur avoir manqué de respect.

En conclusion, bien qu’il n’en ait pas l’obligation, on conseillera à David de demander pardon à son voisin. Mais si celui-ci n’accepte pas ses excuses, il n’aura pas besoin d’insister.

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