3 Kislev 5778‎ | 21 novembre 2017

Est-ce que l’affaire des sous-marins va faire plonger Nétanyaou ?

Miki Ganor, arrested in the submarine affair also known as "case 3000" is brought for a court hearing at the Magistrate's Court in Rishon Letzion on July 10, 2017. Photo by Moti Kimchi/POOL *** Local Caption *** תיק 3000 צוללות פרשה בית משפט ראשון לציון שלום פשע שוחד מיקי גנור

L’annonce lundi du passage de l’homme d’affaires Miki Ganor du statut de suspect No1 dans l’affaire de la vente des sous-marins allemands à Israël, à celui de « témoin à charge de l’accusation », a provoqué une forte onde de choc en Israël et de nombreux Israéliens ont senti que ce fameux dossier 3000 risquait bel et bien d’éclabousser Binyamin Nétanyaou et peut-être même de contraindre à démissionner.
Miki Ganor est, depuis le début, au cœur de cette affaire. En tant que représentant du consortium allemand Thyssenkrupp, cet ancien officier supérieur de la marine israélienne est soupçonné d’avoir solidement « graissé la patte » à plusieurs personnalités influentes afin que sa société puisse emporter l’appel d’offre visant à fournir à Israël plusieurs sous-marins pour un montant de plus d’un milliard de dollars. Et s’il a décidé de franchir le Rubicon en devenant témoin à charge contre ses anciens associés, c’est sans aucun doute parce que les enquêteurs de la police lui ont fourni des preuves accablantes sur son implication. Cela prouve que les enquêteurs sont sur la « bonne voie » dans cette affaire de corruption « sécuritaire ». Mais elle prouve aussi que les enquêteurs ne disposent pas, pour l’instant de preuves suffisantes pour poursuivre et inculper d’autres personnalités liées à ces pratiques corruptives. En effet, en Israël, le « témoin à charge de l’accusation » Ed Médina doit, pour obtenir ce statut « privilégié » qui peut lui éviter de longues années de prison, apporter des preuves de l’implication de personnalités plus haut placées dans la hiérarchie. Et c’est là que se pose la question-clé de cette affaire : qui Ganor va-t-il incriminer ? Et surtout, est-ce que le Premier ministre pourrait être mis en cause par Ganor ? A cette dernière question, la plupart des observateurs répondent pour l’instant par la négative et se réfèrent au conseiller juridique du gouvernement qui répète que Mr Nétanyaou n’est absolument pas soupçonné dans cette affaire. Mais tout de même, on ne peut s’empêcher de rappeler le lien étroit existant entre Ganor et Me David Shimron, l’avocat et intime du Premier ministre israélien, qui lui aussi comme Ganor aurait tiré des dividendes conséquentes du marché des sous-marins de par sa proximité avec Thyssenkrupp . Pour l’instant, Shimron a passé quelques jours assigné à résidence mais la police l’a laissé partir dimanche en vacances à l’étranger, ce qui laisse sous-entendre qu’il n’intéresse pas les enquêteurs. Et si Shimron ne préoccupe pas ces derniers, alors à plus forte raison le Premier ministre. Toutefois, la volte-face de Ganor pourrait conduire la police à convoquer Mr Nétanyaou pour un simple interrogatoire. Mais ce n’est pas tout : dans cette affaire, il y a encore un point obscur : dans le passé , l’Etat d’Israël s’était toujours opposé à la vente par l’Allemagne de sous-marins à l’Egypte, et ce afin de conserver une supériorité stratégique dans la Mer Méditerranée. Mais là, de manière stupéfiante, il s’avère que l’échelon politique aurait donné son aval à la vente de tels sous-marins par Thyssenkrupp au Caire. Pourquoi un tel changement ? Qui a donné cet aval ? Et qui en a profité ? Deux questions qui se rajoutent à une longue série d’autres que les enquêteurs aimeraient bien poser à celui par qui le scandale est arrivé. En attendant, et c’est sans précédent, l’Allemagne alertée par cette enquête très médiatisée a décidé, pour l’instant de suspendre son marché de vente des trois sous-marins à Israël. Le temps de voir venir. Daniel Haïk

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