2 Tishri 5778‎ | 22 septembre 2017

Agir pour Hachem !

Dans son commentaire sur la Torah, Rachi nous parle de l’importance de la lecture du Chéma. Il s’exprime en ces termes : « Si le peuple juif n’avait de mérite autre que celui du Chéma, celui-ci aurait suffit à le sauver ».

Il faut comprendre comment, dans ce même texte du Chéma, la Torah nous parle à la fois de l’amour que l’on doit porter à D.ieu, de l’attachement qui nous lie à Lui, et paradoxalement, elle nous rappelle le devoir des mitsvot et du joug céleste.

Amour et devoir sont-ils compatibles ?

Raban Gamliel, dans les Pirké Avot (chapitre 2 Michna 4), nous exhorte à « annuler notre volonté face à celle de D.ieu pour qu’Il annule sa volonté face à la nôtre ».

Le message qui transparaît de ces propos est de nature à encourager l’homme à ne pas agir selon ce que sa volonté lui a dicte. La Torah attend du juif que son désir provienne de la volonté de D.ieu : « J’accomplis une mitsva parce que Hachem me l’a demandé ! »

Le Chéma énonce : « Tu aimeras l’Éternel ton D.ieu. » Mais, disent nos maîtres, on ne doit pas L’aimer par « plaisir ». Même celui qui « aime aimer » doit le faire par devoir.

Le Rabbi de Lublin enseignait à ses élèves que pour qu’une prière soit entendue par D.ieu, il ne faut pas faire valoir notre souffrance comme argument d’exaucement. C’est pour D.ieu que nous devons prier, et non pour être libérés de nos souffrances !

La Guémara Sanhédrin (46) précise que lorsqu’un homme présente une requête, les anges accusateurs essaient de la rejeter en invoquant ses méfaits. Une question se pose alors : cet homme mérite-t-il d’être exaucé ? Les maîtres du Talmud rappellent alors que lorsqu’un homme souffre, la Chékhina (Existence de D.ieu) partage cette souffrance. Et voila, disent-ils, un argument contre lequel les anges ne peuvent rien, car eux non plus ne veulent pas voir la Chékhina souffrir.

L’engagement auquel nous invite le Chéma, c’est d’accepter le joug céleste et d’assumer le devoir des mitsvot. Cela est un objectif. Les moyens que l’on pourra utiliser pour parvenir à ce but sont l’amour et l’attachement à Hachem. Cependant, tout peut commencer par un sentiment de responsabilité et d’engagement, une démarche qui pourra aussi conduire à l’amour et l’attachement. Ces deux notions qui nous paraissent paradoxales sont en fait complémentaires dans l’évolution de la fidélité d’un juif à l’égard de Hachem.

Quels que soient les combats menés, il est des moments dans lesquels l’idéal et l’attachement motivent l’individu. Pour d’autres, ce sont l’engagement et la responsabilité qui prendront le relais. On ne peut pas toujours avoir envie, on ne peut pas toujours devoir. Mais il faut savoir composer avec ces deux notions.

A l’approche des fêtes de Tichri, ces deux attitudes sont appelées à s’entrechoquer ou à s’unir, pour nous mener au plus près de Hashem. On s’adressera ainsi à Lui en L’appelant Avinou Malkénou : « notre Père et notre Roi » – les deux exprimant ensemble une même réalité, celle de Hashem.

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