16 Av 5779‎ | 17 août 2019

Un nouveau « cessez-le-feu » dans le sud-syrien

 

Initié lors du dernier week-end en marge du dernier sommet du G20 à Hambourg entre Poutine et Trump – qui se rencontraient pour la 1re fois – puis scellé à Amman, cet « accord de désescalade » partiel entré en vigueur le 9 juillet à midi (et bien respecté depuis) entre les forces syriennes et les rebelles sunnites ne concerne que certaines zones bien précises du sud de la Syrie : les trois provinces de Deraa, Quneitra et Soueida, où il va permettre la distribution de l’aide humanitaire.

Outre le fait a priori assez positif que c’est la 1re fois qu’une trêve de ce genre est initiée ensemble par la Russie, les Etats-Unis et la Jordanie – dont les forces se portent garantes de ce cessez-le-feu –, deux éléments devraient inciter à moins d’optimisme : d’abord le fait que l’Iran et son bras armé local, le Hezbollah chiite, massivement présent en Syrie aux côtés d’Assad, n’ont en rien été associés à cette trêve, bien que Moscou et Téhéran se soient mis d’accord en mai dernier pour créer 4 « zones sécurisées » en vue d’y instaurer un cessez-le-feu (mais sans décider comment elles seraient administrées). Et puis aussi parce qu’il existe des divergences entre Moscou et Washington sur les moyens à mettre en œuvre pour la respecter. Ainsi, lors des discussions préliminaires, Poutine a proposé comme « observateur » la police militaire russe, ce que Trump a refusé, en proposant la présence des forces américaines ou internationales à Deraa et Quneitra – évidemment écartée par Moscou.

En fait, désormais promue au rang d’alliée directe de Washington, la Jordanie est la plus satisfaite par cet accord qui devrait contribuer, si la trêve tient bel et bien, à tarir l’énorme flux de quelque 2 millions de réfugiés syriens installés sur son territoire depuis 2011. Ainsi, d’après les porte-parole militaires d’Amman, « les drones et avions de combat américains et jordaniens surveilleront ensemble la cessation des hostilités, pendant que les zones de Deraa et Quneitra deviendront des régions autonomes contrôlées par les rebelles : un modèle susceptible d’être ensuite appliqué dans le reste du pays ».

En Israël, où l’on suit de très près tous ces développements relatifs à des zones syriennes situées à quelques kilomètres de sa frontière, le Premier ministre Nétanyaou a réitéré le 9 juillet ses mises en garde en répétant que Jérusalem ne saurait accepter « le déploiement de forces iraniennes et du Hezbollah sur le Golan ».

Richard Darmon