16 Av 5779‎ | 17 août 2019

École religieuse ou éducation juive ?

Nous aspirons tous à l’épanouissement social de nos enfants, et tout commence pour eux à l’école. Cette préoccupation est d’autant plus présente lorsqu’il s’agit d’une société dans laquelle nous n’avons pas grandi et dont une partie des rouages nous sont inconnus, comme c’est le cas en Israël pour de nombreux olim de France. Pour leur assurer cette réussite, les parents vont chercher une structure à l’image de ce qu’ils ont connu en France, avec un enseignement large et une formation complète tant au niveau des matières générales que des enseignements de Kodech. Ils se tournent naturellement vers des écoles d’État religieuses (mamlakhti dati), qui ressemble de prime abord à ce qu’ils ont connuen France. Toute alya réussie est nourrie d’une aspiration spirituelle. C’est là que l’avenir de nos enfants en Israël va se jouer : vont-ils partager les mêmes aspirations que celles qui nous motivent ? Une étude menée par l’organisme ‘Hotam a révélé récemment que parmi 580 818 Israéliens élevés dans un foyer religieux, seuls 46 sont restés religieux arrivés à l’âge adulte. Un enfant ayant grandi dans un foyer religieux a généralement bénéficié de douze ans d’étude dans une école Mamlakhti Dati. Comment se fait-il que le système scolaire religieux ne parvienne à garder dans ses rangs qu’environ la moitié de ses élèves ?

Dans ces écoles, l’éducation religieuse se déroule dans une atmosphère générale profane avec des signes extérieurs de religiosité. En cela, elle n’est pas très différente de l’éducation scientifique ou littéraire : l’élève est placé dans une atmosphère qui encourage l’étude de ce domaine, et même s’il ne devient pas scientifique ou écrivain, il aura au moins acquis des connaissances de base. De la même manière, ses connaissances en Talmud ou en morale juive pourront être appliquées tout au long de sa vie et transmises à ses enfants, ou simplement rangées dans une étagère de livres.

Une éducation conforme à la tradition juive est totalement différente : la Torah doit être placée au centre. Ce n’est pas un sujet étudié parmi d’autres, une matière à réviser en vue d’un examen. La Torah est l’essence de l’éducation. Dans une école juive, tous les cours doivent êtres dispensés à travers le prisme de la Torah. Les enseignements de Kodech offrent une orientation pour la vie.

Afin de préserver la transmission des valeurs juives auprès des olim de France, des initiatives pédagogiques se multiplient. Par exemple, des établissements scolaires voient le jour, qui dispensent des enseignements en adéquation avec les programmes du ministère de l’Education, mais où l’accent est mis sur la transmission des valeurs. Le but est de préparer ces enfants à la vie du travail en les encourageant à perpétuer les valeurs juives, afin d’augmenter significativement leurs chances de réussite dans la société israélienne. De surcroît, des cours de remise à niveau aux programmes du pays sont dispensés, ainsi que des classes d’Oulpan.

Pour encourager ces initiatives, le Grand-Rabbin de Jérusalem, Rav Chlomo Amar s’est adressé aux Français lors d’une soirée de présentation du programme d’intégration Or Israël : « Il faut une volonté de fer, et ne pas faire de compromis dans le choix d’une école. Il faut faire part aux enfants de nos choix avec bienveillance, mais nos décisions doivent être solides. Il faut les orienter lorsqu’ils sont tout jeunes, c’est à cet âge-là que tout se joue. »

Rav Michaël Reich

Directeur du programme d’intégration Or Israël– Jérusalem

055 66 42 890