30 Tishri 5778‎ | 20 octobre 2017

Les quatre coupes de vin

Nos Sages instituèrent que l’on boive quatre coupes de vin au cours de la soirée du Séder, et imposèrent cette pratique aussi bien aux femmes qu’aux enfants ayant atteint « l’âge de l’éducation ». Celui-ci se situe entre la cinquième, septième, voire neuvième année de l’enfant, selon les différents avis. Cependant, l’enfant ne sera pas tenu de boire une quantité de vin ou de jus de raisin supérieure à la contenance de sa propre joue (contrairement à l’adulte qui doit boire un réviit au minimum). La coupe sera intacte, sans la moindre fêlure, et devra être remplie jusqu’à son bord.

 

La distribution des quatre coupes
Cette mitsva consiste à boire quatre coupes de vin au fur et à mesure de la récitation de la Haggada. Par conséquent, une personne qui se contenterait de boire les quatre coupes une à la suite de l’autre, sans les faire coïncider avec la lecture de la Haggada, ne se rendrait pas quitte de son devoir (Choul’han Aroukh 472). Pour cette mitsva, les femmes ont exactement le même devoir que les hommes. De ce fait, si une femme a dû s’interrompre au milieu de la lecture de la Haggada, elle devra impérativement compléter les passages manquants avant de poursuivre, de sorte à faire coïncider la consommation des coupes avec la lecture de la Haggada.

 

La coupe
On prendra une coupe contenant au minimum un réviit, qui correspond à 86 ou 150 ml. selon les avis. On optera de préférence pour une coupe en argent (Kaf Ha’haïm), ou pour une coupe en verre selon d’autres avis (‘Haïm Léroch). Par ailleurs, on ne prendra pas une coupe de trop grande dimension, dans la mesure où selon certains avis, il convient de boire la plus grande partie de la contenance du verre, indépendamment de la quantité d’un réviit (Choul’han Aroukh 472).

 

Le vin
Pour la soirée du Séder, on choisira un vin agréable au palais, rouge de préférence en souvenir du sang des nourrissons que Pharaon tuait et dans lequel il se trempait. Cependant, si un vin blanc est de meilleur qualité que le rouge, on optera pour celui-ci (Choul’han Aroukh). Par ailleurs, si l’on souhaite colorer le vin blanc en y mélangeant du vin rouge, on le fera de préférence avant l’entrée de la fête. Dans l’absolu, pour les quatre coupes du Séder, on peut utiliser du jus à peine extrait des raisins, et n’ayant absolument pas fermenté (Choul’han Aroukh). Cependant, la mitsva est accomplie de manière plus parfaite si l’on utilise du vin. Par ailleurs, il est préférable de prendre du vin qui n’a pas été bouilli, sauf si ce dernier est de meilleure qualité que le vin ordinaire. Le jus de raisin que l’on trouve de nos jours sur le marché peut parfaitement être utilisé pour les quatre coupes du Séder. Il reste cependant plus indiqué d’opter pour du vin alcoolisé (Mikraé Kodech). On rapporte au nom de rav Moché Feinstein que même si le vin risque d’indisposer ou de provoquer des maux de tête, celui-ci reste néanmoins préférable au jus de raisin. Au demeurant, le mélange de vin et de jus de raisin est une option préférable au jus de raisin pur. En revanche, si cette consommation s’avère nocive au point de provoquer l’alitement, on est alors dispensé de boire les quatre coupes du Séder.

 
Quelle quantité boire ?
Idéalement, on s’efforcera de boire le verre entier, c’est-à-dire unréviit complet. Cette mesure correspond à 86 ml. de liquide selon rav ‘Haïm Naé, et à 150 ml. selon le ‘Hazon Ich. Si l’on boit une quantité inférieure à ces mesures, on ne se rend pas quitte de son devoir et on doit donc boire un verre supplémentaire. À défaut, on peut se suffire de la majorité d’une reviit (Choul’han Aroukh 472). Certains avis soutiennent qu’à Pessa’h, il convient de boire la plus grande partie du verre que l’on possède – et pas seulement un réviit. Pour la quatrième coupe, on s’appliquera à boire un réviit entier, afin de pouvoir prononcer la bénédiction « al haguéfen » selon tous les avis.

 

La bénédiction sur les coupes
D’après les décisionnaires séfarades, on ne prononce la bénédiction de « boré péri haguéfen » que sur la première et la troisième coupe, qui vient après lebikrat hamazon. Selon la coutume ashkénaze, on prononce une bénédiction pour chacune des coupes, mais on ne récite la bénédiction finale (al haguéfen) qu’après la dernière coupe. Même d’après cette opinion, il est préférable d’avoir l’intention, au moment où l’on prononce la bénédiction sur la première et la troisième coupe, de ne pas vouloir se rendre quitte par elles pour les coupes de vin suivantes.

 
Manger et boire entre les coupes
Entre la première et la deuxième coupe de vin, il est interdit de boire du vin ou toute autre boisson courante dans le pays (‘hamar médina, cf. plus haut). Cependant, si au moment du kidouch, on a eu l’intention explicite de vouloir boire entre ces deux coupes obligatoires, on pourra boire même du vin si cela s’avère hautement nécessaire, sans prononcer de bénédiction supplémentaire (Choul’han Aroukh 473). En revanche, consommer toute autre boisson ou même des fruits reste parfaitement permis (certains l’interdisent cependant à partir du moment où l’on a rempli la deuxième coupe de vin). Après la deuxième coupe de vin, on peut boire à sa guise du vin ou toute autre boisson, sans prononcer de bénédiction particulière. Après la troisième coupe de vin, il est interdit de boire du vin, mais toute autre boisson reste permise (certains avis ne permettent à ce moment-là que la consommation d’eau). Enfin, après la quatrième coupe, on ne pourra boire que de l’eau ou du thé (Choul’han Aroukh et Michna Beroura 481). Il est alors préférable de s’abstenir de boire du café (Kaf Ha’haïm). Par ailleurs, il est interdit de fumer après la quatrième coupe, dans la mesure où le tabac altère le goût de la matsa (Béer Hétev).

La coupe d’Eliyahou

La coutume est de remplir et de poser sur la table du Séder une coupe supplémentaire que l’on ne boit pas. Elle est appelée : « La coupe du prophète Eliyahou ». Celle-ci marque la conviction qui nous habite que, de la même manière que D.ieu nous délivra jadis d’Egypte, Il nous délivrera très prochainement, en annonçant la nouvelle par l’entremise du prophète Eliyahou (Michna Beroura 460). Cette coupe devra être plus haute et plus large que les autres, en l’honneur du prophète. On ne boit pas cette coupe de vin pendant toute la nuit, on la recouvre et on la conserve pour le kidouch du lendemain matin (‘Hatam Sofer). D’autres ont l’habitude de reverser ce vin dans la bouteille après la fin du Séder.

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