21 Nisan 5779‎ | 26 avril 2019

« L’antisémitisme américain existait avant Donald Trump »

Après les cimetières juifs de St Louis (Missouri) et de Philadelphie (Pennsylvanie), c’est l’un des cimetières juifs de New York qui a apparemment été profané suscitant une nouvelle fois beaucoup d’émotion au sein de la communauté juive américaine. Le 5 mars des témoins ont remarqué que plusieurs pierres tombales avaient été renversées dans le cimetière juif de Rochester dans l’Etat de New York. Après enquête, les inspecteurs de la police new yorkaise ont affirmé qu’il ne s’agissait pas d’un acte de vandalisme mais de dégâts causés par des « effets environnementaux ». Même si cette thèse est confirmée, l’émotion demeure et les experts s’interrogent sur la multiplication des actes des profanations et des menaces téléphoniques aux Etats-Unis. Richard Landeis, historien américain résidant aujourd’hui à Jérusalem estime qu’il ne faut pas obligatoirement faire un lien direct entre ces actes antisémites et l’arrivée à la Maison Blanche de Donald Trump : « L’antisémitisme aux Etats-Unis existait bien avant Trump. Il s’est considérablement développé en 2002, autour de l’opération « Rempart » et après la conquête de Djenine par Tsahal… Sous couvert d’antisionisme on a alors vu se développer sur de nombreux campus américains une véritable haine antisémite souvent véhiculée par les mouvements d’extrême gauche, ancêtres du BDS tels que « Students for Justice in Palestine » qui est aujourd’hui très puissant. Je me souviens d’un poster diffusé sur le campus de l’université d’Etat de San Francisco sur laquelle on voyait une boîte de conserve sur laquelle était écrit : « Viande d’enfant palestinien ». Ce réveil antisémite s’est produit à la même époque en France sous les Socialistes de Jospin…. Dans cette expression de l’antisémitisme ou antisionisme de gauche, il y avait aussi des racistes de la droite conservatrice assez séduits par leur haine antisémite. Alors il est vrai que Trump a laissé durant la campagne électorale la porte ouverte à certains débordement inacceptables, mais ce qui m’étonne c’est que la gauche américaine se formalise soudain de cet antisémitisme qu’elle a alimenté au début des années 2000 », affirme Landeis à Haguesher avant de préciser qu’il est tout de même encore trop tôt pour mesurer l’impact que ces actes antisémites auront sur le judaïsme américain : « « Les Juifs américains ne sont pas les Juifs français et je n’ai pas le sentiment qu’ils réagiront à ces attentats en montant en Israël. Pas pour l’instant, en tout cas ». Daniel Haïk