23 Sivan 5779‎ | 26 juin 2019

Dîner de gala du Beth Loubavitch : tous les records battus !

L’objectif du mouvement en matière de dons a été dépassé et les montants récoltés croissent d’année en année. Mais on retiendra surtout l’unanimité des responsables communautaires, tous présents, pour saluer le travail irremplaçable des chlou’him.
C’est le 1er mars qu’a eu lieu le dîner de gala annuel du Beth Loubavitch francilien. Deux mille personnes se sont rassemblées aux docks Pullman d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). Une foule d’autant plus impressionnante que chaque participant s’était délesté de la coquette somme de trois-cents euros pour obtenir un simple ticket d’entrée. Cela ne tient pas compte des dons, objectif du dîner – encore que la collecte n’ait occupé qu’une petite partie de la soirée (trois quarts d’heure). Une collecte qui croît d’année en année depuis le premier gala, il y a seize ans. Les organisateurs espéraient un total d’un million d’euros. Il a été dépassé, avec des chèques variant de quelques centaines à… deux cent mille euros. Le public est aussi en nombre exponentiel, si bien que la salle Equinoxe du 15e arrondissement, dont la capacité maximale n’excède pas mille six cents convives, a été abandonnée en 2016 au profit des docks.
Les représentants des associations communautaires au grand complet étaient présents, ainsi que l’ambassadrice d’Israël, Aliza Bin-Noun. Tous ont manifesté leur reconnaissance à l’égard du travail irremplaçable du mouvement Habad. « Que ferions-nous sans vous ? » : tel était leur leitmotiv. Francis Kalifat, président d’une institution aussi laïque que le CRIF, a reconnu lui-même qu’il serait en quelque sorte amputé sans « son » propre Beth Loubavitch où il a l’habitude de prier.
La partie musicale et artistique était animée par le chanteur ‘hassidique Yoni Shlomo et cette édition 2017 était placée sous le signe d’un anniversaire : celui de la première « campagne des tefilin » lancée par le Rabbi zatsal en 1967, peu avant la guerre des Six Jours. Un film a retracé sur écran géant cet épisode historique : jamais auparavant le judaïsme n’était ainsi « descendu dans la rue », jamais des militants du kodech n’avaient osé inciter leurs coreligionnaires à mettre les phylactères ou à réaliser d’autres mitsvot dans l’espace public. Depuis, le concept a connu un succès mondial et le kirouv s’est élargi à toutes sortes de mouvances en Israël comme en diaspora. « Mais à l’époque, rappelle l’un des piliers de la soirée, le rav Benyamin Mergui, c’était un ‘hidouch extraordinaire ! » Il ajoute que le Rabbi de Loubavitch zatsal était l’un des rares leaders de la froumkeit qui croyait en la victoire de Tsahal. « Il avait prédit un miracle, souligne-t-il, et incitait les ba’houré yéchiva à rester en Eretz, contrairement à beaucoup de guides spirituels qui recommandaient à leurs disciples de fuir la Terre Sainte, craignant l’anéantissement de l’Etat juif…»
Devant les groupes composés de chlou’him accompagnés de leurs fidèles (une ou plusieurs tables par Beth Habad), les coprésidents du Beth Loubavitch de la capitale, les rabbanim Levi et Mendy Azimov, étaient aux anges. Le second a insisté dans son allocution sur l’alliance nécessaire entre ceux qui nourrissent spirituellement le peuple juif et ceux qui s’en chargent matériellement. Il a fait remarquer que les donateurs qui se sacrifient financièrement pour la communauté étaient gratifiés par la Torah d’un mérite « plus élevé encore » que les érudits en kodech. Le succès de la soirée signifie-t-il que le mouvement n’aurait aucun problème budgétaire en France ? « Pas du tout, répond le rav Mergui, car nous agissons en fonction des besoins, qui sont gigantesques. Ainsi, nous multiplions nos points d’ancrage, y compris dans les petites villes. Cela coûte très cher ». Mais la plupart des chlou’him partis en mission là où les Juifs sont rares sont récompensés de leurs efforts. Exemples récents : deux d’entre eux ont fondé en 2016 des communautés à Chantilly, dans l’Oise, et à Montigny-le-Bretonneux, dans les Yvelines. A la surprise générale, ils disposent d’un minyan le chabbat, quelques mois seulement après leur arrivée.
Axel Gantz