5 Av 5777‎ | 28 juillet 2017

Le combat d’Abdelghani Merah contre la montée de l’islamisme

Cinq ans après les tueries perpétrées par son frère Mohamed, Abdelghani Merah a entamé en février un long périple à pied à travers la France, reprenant l’itinéraire de la fameuse « marche des Beurs », autrement dit des jeunes d’origine arabe, pour la tolérance (en 1983). Son but est de mettre publiquement en garde contre la montée de l’islamisme et de la haine religieuse. Dès 2012, il avait dénoncé les agissements criminels de Mohamed et de son second frère, Abdelkader, lui aussi radicalisé et qui sera jugé en octobre prochain pour complicité dans le massacre antisémite de Toulouse. « Je sais qu’ils ont traumatisé le pays à cette époque, en pleine campagne présidentielle, se désole-t-il aujourd’hui. Je vais essayer cette année de faire entendre la voix d’un autre Merah ». Parti seul de Marseille, il espère être reçu à son arrivée à Paris par le ministre de la Justice, Jean-Jacques Urvoas. Il marche vingt-cinq à quarante kilomètres par jour et dort à la belle étoile. Il est encouragé par des associations musulmanes opposées aux extrémistes, comme la « Brigade des mères ». Commentaire de sa fondatrice, Nadia Remadna : « Je comprends qu’on puisse avoir des préjugés parce que c’est le frère de Merah, mais lui qui a vécu au milieu du terrorisme est bien placé pour en parler (…). On attend quoi ? Le prochain attentat ? Il faut qu’on prenne conscience de la gravité de l’endoctrinement djihadiste, d’autant que Marine Le Pen ne cesse de grimper dans les sondages ». Les mêmes associations regrettent qu’Abdelghani soit si peu soutenu depuis le début de son combat courageux contre sa propre famille. Il a dû tout quitter il y a cinq ans, rejeté par son milieu d’origine, et vit dans la plus grande précarité. Il serait actuellement sans travail et sans domicile fixe. Son patronyme représente aussi un handicap dans ses relations sociales. Axel Gantz

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