22 Sivan 5779‎ | 25 juin 2019

Le Hamas place à sa tête, à Gaza, un cruel terroriste

Hamas leader Yehia Sinwar attends a rally in Khan Younis in the southern Gaza Strip January 7, 2016. The rally, organized by Hamas movement, was held to honor the families of dead Hamas militants, who Hamas's armed wing said participated in imprisoning Israeli soldier Gilad Shalit, organizers said. Shalt was abducted by militants in a cross-border raid in 2006, and was released in exchange for more than 1,000 Palestinians held in Israeli jails.

La direction du Hamas a désigné, lundi après-midi, Yi’hié Sinwar au poste convoité de responsable du mouvement dans la Bande de Gaza. Les retombées d’une telle nomination pourraient être très problématiques pour Israël. Portrait de cet archi-terroriste et première analyse à chaud.
Yihié Sinwar n’est pas un enfant de chœur. Loin de là. On peut même affirmer que le nouveau patron du Hamas dans la Bande de Gaza est l’un des terroristes les plus cruels et les plus radicaux qui ne se soient jamais hissés à la tête du mouvement intégriste palestinien. Non pas que Mouhamed Def, le terroriste aux neuf âmes, fasse dans la dentelle, mais Yi’hié Sinwar est au moins de la même pointure en matière de cruauté et de radicalisme, si ce n’est plus. Sinwar qui est aujourd’hui âgé de 55 ans est considéré en Israël comme le responsable direct de plusieurs attentats terroristes meurtriers. Il est également l’un des fondateurs de la branche armée du Hamas, Azzedine el Kessam et s’est fait une « spécialité » de programmer et de mettre en application des enlèvements de soldats israéliens. Sa cruauté n’a pas épargné les membres de son propre peuple et il aurait sauvagement assassiné une douzaine de Palestiniens soupçonnés de collusion avec l’Etat d’Israël. En 1989, il a été arrêté par les forces israéliennes et condamné à quatre peines de réclusion à perpétuité pour la programmation de kidnapping de soldats. En prison, il s’est très vite imposé comme un leader redouté pour sa méchanceté et son extrémisme et a continué à planifier des attentats. En dépit du fait qu’il a été libéré lors de l’échange avec Guilad Shalit en octobre 2011, il s’est plusieurs fois exprimé contre cet échange affirmant que le Hamas aurait dû exiger la libération de plus de détenus… D’ailleurs, aujourd’hui encore, Sinwar considère que l’enlèvement de soldats israéliens est l’arme la plus efficace pour récupérer les terroristes du Hamas restés derrière les barreaux. Un positionnement ultra radical qui lui vaut la vive sympathie de la population gazaouite mais qui n’est pas de bon augure pour l’issue des négociations visant à récupérer les corps des soldats israéliens Oron Shaoul et Hadar Goldyn zal. Mais ce n’est pas tout : Sinwar, qui est le premier leader « militaire » du Hamas à atteindre cette fonction, est considéré comme proche de l’Iran et il a conclu une alliance avec la filiale de Daech dans le Sinaï, District Daech, qui a revendiqué le tir de roquettes la semaine dernière en direction d’Eilat. Dans l’absolu, Sinwar est toujours partant pour une nouvelle confrontation avec Israël, mais il tient compte de la situation actuelle de la population gazaouite et comprend qu’elle n’est pas mûre pour supporter un nouveau round de combat face aux forces de Tsahal. Pour Israël, l’arrivée au pouvoir de Sinwar, qui ne prendra effet que dans quelques mois, est donc une nouvelle préoccupante qui va obliger les forces israéliennes à développer et rendre plus performant leur réseau préventif. Daniel Haïk