20 Iyyar 5779‎ | 25 mai 2019

Deux ans après, hommage silencieux devant l’Hypercasher

La communauté juive a commémoré le 9 janvier, le souvenir des victimes de l’attentat de l’Hypercasher, il y a deux ans. Quels enseignements tirer de cet anniversaire ? Le président du Consistoire, Joël Mergui, a répondu à Haguesher sur les lieux du drame.
Des centaines de personnes juives et non-juives ont bravé la pluie et le froid, lundi 9 janvier, pour participer – sous haute protection policière – à la soirée de recueillement silencieux organisée par le CRIF à la mémoire des victimes de l’Hypercasher. Cette soirée s’est déroulée sous une tente dressée devant le supermarché. Des photos des quatre Juifs assassinés deux ans auparavant, des bougies et un registre de condoléances y étaient installés. Dans un premier temps, les anciens otages rescapés et les familles de Philippe Braham zal, Yohan Cohen zal, Yoav Hattab zal et François-Michel Saada zal se sont réunis en compagnie des responsables communautaires. Des personnalités politiques étaient également présentes : le ministre de l’Intérieur, Bruno Le Roux, la présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, la maire de Paris, Anne Hidalgo, mais aussi deux candidats à la présidentielle, Manuel Valls et François Fillon.« Nous, Français et Juifs, retrouvons peu à peu notre place dans la communauté nationale. Nous étions vigilants, nous le sommes toujours… Au moins ne sommes-nous plus des cibles dans l’indifférence », a déclaré le président du CRIF, Francis Kalifat, quand la tente a été ouverte à un public plus large. Après l’allumage des bougies, le grand rabbin de France Haïm Korsia a récité des Téhilim et le kaddish. Puis, il a lu la prière pour la République et l’assistance, dans la foulée, a entonné la Marseillaise.
Haguesher a demandé à Joël Mergui si, à ses yeux, l’émotion était toujours aussi vive deux ans après. Réponse du président du Consistoire : « Bien entendu. Ce soir, les familles se sont senties entourées et soutenues. Nous avons la mémoire longue. Souvenez-vous de l’affaire Ilan Halimi zal. Une décennie a passé ; pourtant, on en parle encore beaucoup dans notre communauté ». Joël Mergui estime que la leçon a été en partie comprise par la classe politique comme par les médias: « Dans les années 2000, a déclaré le président du Consistoire, nous avons tiré la sonnette d’alarme lorsque la seconde Intifada risquait de se propager en Europe. On ne nous a pas crus. Aujourd’hui, chacun doit reconnaître que nous avions raison. On assiste à une véritable prise de conscience. Manuel Valls, qui est avec nous ce soir et qui a dû faire face à des actes de terreur quand il était Premier ministre, le sait mieux que quiconque : lorsqu’on attaque les Juifs, c’est l’ensemble de la communauté nationale qui est menacée. Il n’y a pas si longtemps, l’attentat de ce 8 janvier à Jérusalem n’aurait guère intéressé les Français. Or, il a fait la une de toute la presse. C’est un signe… »
Axel Gantz