23 Heshvan 5780‎ | 21 novembre 2019

Les arguments fallacieux des opposants à l’annexion

A l’heure des missiles et des armes modernes ultra-précises utilisables à distance, les données géographiques topographiques n’auraient plus la même importance qu’avant…

D’abord entendu dans le sillage de la 1ère Guerre du Golfe de janvier-février 1991, cet argument vise à rendre obsolète la nécessité, pour Israël, d’une quelconque « profondeur territoriale » suffisante pour sa défense. Or, dans le cas si particulier des structures d’urgence de Tsahal en temps de guerre fondées sur la mobilisation des dizaines de milliers de réservistes, disposer de davantage de profondeur territoriale – même quelques dizaines de kms -, c’est permettre à l’armée de gagner un temps précieux pour assurer la montée au front et le déploiement des soldats de réserve. Ce qu’on a parfaitement vu lors des premiers jours dramatiques de la Guerre de Kippour d’octobre ١٩٧٣.

Depuis qu’Israël a signé en 1995 un traité de paix avec la Jordanie et que l’Irak n’est plus dans les mains du despote Saddam Hussein, Israël n’aurait plus aucun besoin sécuritaire dans la Vallée du Jourdain…

Pourtant, l’influence de plus en plus forte de l’Iran chiite en Irak et la fragilité patente de la monarchie jordanienne pénétrée de l’intérieur par les Frères musulmans dans un Moyen-Orient instable où se multiplient les bouleversements les plus inattendus continuent de faire du front oriental d’Israël une frontière très sensible et dangereuse.

Annexer cette région qui représente 30 % des territoires de Judée-Samarie et 60 % de la « Zone C » définie par les Accords d’Oslo nuirait gravement à toute relance du processus de paix israélo-palestinien…

A tort, on a longtemps focalisé le débat public sur les « grands blocs » de peuplement (Ariel, Givat Zéev, Maalé Adoumim, Goush Etsion). De plus, après le retrait unilatéral de Gaza d’août 2005, les gouvernements israéliens successifs ont tenté, suite à diverses propositions de paix, d’installer le maximum de résidents juifs dans un minimum de territoires, mais sans tenir compte des bes oins sécuritaires d’Israël, car on a avancé – encore à tort – que si des roquettes étaient tirées de la « Cisjordanie » sur l’intérieur du pays, Tsahal pourrait reprendre « en quelques heures » le contrôle de toute cette région. De plus, suite au retrait d’Israël de Gaza, le nombre de tirs de roquettes a augmenté l’année suivante de 500 % et il a fallu attendre trois ans pour que Tsahal intervienne massivement en 2008 dans la Bande contre le Hamas. Or aucune roquette ne pourra être tirée tant que l’armée israélienne contrôlera la Vallée du Jourdain.

Richard Darmon