14 Tishri 5782‎ | 20 septembre 2021

Comment le rav Tsvi Pessa’h Frank zatsal a échappé au massacre de Hévron en 1929

Yaacov Frank est né à Jérusalem le 11 Av 5689, soit le chabbat avant le massacre de Hévron. Son grandpère n’était autre que le gaon rav Tsvi Pessa’h Frank, alors président du Tribunal rabbinique de Jérusalem et futur grand rabbin de la capitale. A l’origine, le rav Frank devait participer, le chabbat suivant la naissance de son petit-fils, à Hévron au chabbat ‘hatan de sa sœur la rabbanit Yente Tsipora Orlansky qui venait de se marier avec le rav Avraham Yaacov Orlanski, grand rabbin de Zikhron Yaacov. Ils devaient tous être les invités d’Eliezer Dan Slonim qui était considéré comme le Moukhtar juif de Hébron et dont l’épouse était la sœur de la mariée. Mais la naissance du bébé va contrarier les projets du rav Tsvi Pessa’h Frank. En effet, le père du bébé a annoncé à son propre père le rav Frank qu’il serait le sandak, le parrain de la Brit Mila et que par conséquent ni lui ni son épouse ne pourraient se rendre le chabbat suivant à Hévron. Le rav Frank a accepté l’honneur d’être le sandak de son petit-fils même si cela le privait de passer le chabbat ‘hatan entouré de sa famille à Hébron. Le jeudi précédent le brit, la sœur du rav et son mari le rav Orlansky sont partis dans la cité des Patriarches pour leur chabbat ‘hatan. Les rumeurs sur l’imminence d’un pogrom s’étaient alors déjà propagées mais la famille Orlansky a pensé qu’elle serait protégée au domicile d’Eliezer Dan Slonim qui était particulièrement respecté par les Arabes de Hévron.

Malheureusement il n’en a rien été : le chabbat matin, lorsque les émeutes se sont amplifiées, les émeutiers arabes ont pénétré au domicile d’Eliezer Dan Slonim, l’ont massacré ainsi que tous les membres de la famille venus célébrer ce chabbat ‘hatan. Au total 24 membres de la famille Slonim dont les jeunes mariés ont perdu la vie ce jour-là. Les seuls qui ont miraculeusement échappé au carnage ont donc été le rav Tsvi Pessa’h Frank et son épouse restés à Jérusalem pour la mila de Yaacov… Cependant, ce chabbat-là les émeutes fomentées par les Arabes ont également touché Jérusalem et, le chabbat matin, lorsque le rav Frank et son épouse qui vivaient alors dans la vieille ville de Jérusalem, sont sortis pour se rendre à l’ancien hôpital de Chaaré Tsedek (situé alors près de l’actuel marché de Mahané Yéhouda), des émeutiers arabes ont ouvert le feu dans leur direction. Ils ont rebroussé chemin, sans pouvoir assister à la brit mila de leur petit fils… Le tsadik rav Arié Levin zatsal, qui sera ensuite le père des prisonniers de l’Irgoun et qui était l’oncle de Yaacov Frank est, lui, arrivé à l’hôpital mais malgré ses efforts, il n’a pas réussi à rassembler un minyan, tant les Juifs étaient restés cloîtrés chez eux. Le mohel a donc circoncis le petit Yaacov sans minyan, mais cette Brit mila a de facto sauvé le rav Frank et permis qu’il devienne ensuite entre 1936 et 1960 le mythique grand rabbin de Jérusalem. Yaacov Frank lui, est toujours vivant : il vient d’avoir 90 ans. Lorsqu’on le lui demande, il relate comment par sa naissance, il a contribué à prolonger la vie de son grand-père de plus de 30 années et raconte que son illustre grand-père ne parlait du massacre de Hévron à personne sauf à lui-même parce qu’il savait que d’une certaine manière, il lui devait la vie…