18 Adar I 5779‎ | 23 février 2019

Rabbi Chalom Charabi, le Rachach

Né dans la ville de Char’ab au Yémen en 1720, Rabbi Chalom Charabi
manifesta dès son plus jeune âge des qualités intellectuelles et une assiduité dans le limoud supérieures à la moyenne. Malheureusement,
la mort de son père intervenant alors qu’il était encore très jeune l’obligea
à quitter ses livres pour aller subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille. Rabbi Chalom Charabi devint alors un marchand itinérant pour gagner son pain durant le jour, et mit à profit ses nuits pour étudier la Torah et les secrets de la Kabbala, jusqu’aux premières lueurs du jour. A l’âge de 18 ans, Rabbi Chalom Charabi, à la suite d’un voeu qu’il avait fait dans le passé alors qu’il avait été sauvé d’un grave danger, prit la décision de quitter le Yémen pour Erets Israël. Avec de misérables moyens, Rabbi Chalom Charabi entreprit un voyage qui s’annonçait long et difficile, et gagna d’abord une ville portuaire du Yémen afin de gagner centime après centime ce qui lui servirait à payer son billet pour l’Inde, première étape pour Erets Israël. Après l’Inde, il gagna Bagdad, et à son sujet le Ben Ich Haï racontera « que ce Tsaddik, avant que sa lumière ne brille, avait marché dans les rues de notre ville… mais que ce sage n’avait dévoilé qui il était à qui que ce
soit ». A Damas, Rabbi Chalom Charabi, désigné comme « le pauvre type arrivant du Yémen », ne révéla comme dans les autres villes ni son identité ni ses connaissances, et travailla avec modestie comme charretier afin de payer la dernière étape de son voyage vers la terre sainte. Une fois en Israël, Rabbi Chalom se dirigea vers Beth-El, là où se trouvait l’école des kabbalistes dirigée par le grand Rav Guédalia Hiyoun. A son arrivée, Rav Chalom cacha à nouveau ses connaissances et demanda à travailler comme chamach dans le Beth Hamidrach, ne perdant pas une goutte des paroles des maîtres qu’il entendait en effectuant ses tâches quotidiennes, à savoir remettre bancs et livres en place et entretenir les lumières de l’endroit. Au fur et à mesure, Rabbi Chalom enrichissait secrètement son savoir en kabbala, jusqu’à acquérir une compréhension qui dépassa celle de tous les sages de la yéchiva de Beth-El. A tel point qu’il arriva un jour où les élèves de Rav Guédalia Hiyoun posèrent à leur Rav une question qui le
laissa dans un grand désarroi, car il se trouvait dans l’incapacité d’y trouver une réponse satisfaisante. Avec sa discrétion qui lui était caractéristique, Rav Chalom Charabi glissa juste avant le lever du jour dans le livre de son maître Rav Guédalia, la réponse à la question qui le travaillait tant. Cette histoire se reproduisit à de nombreuses reprises, jusqu’à ce que Hanna, la fille de Rav Guédalia, découvre Rabbi Chalom feuilleter les pages du séfer de son père et ne le rapporte à ce dernier. Dès ce jour, Rabbi Guédalia révéla à ses élèves la grandeur de Rabbi Chalom, qui se tint désormais à ses côtés, et à qui il offrit sa fille Hanna en mariage. A la mort de Rabbi Guédalia, Rabbi Chalom prit selon les instructions de ce dernier sa succession à la tête de l’école de Kabbala de Beth-El. Rabbi Chalom n’avait à l’époque que 27 ans. Rabbi Chalom, dans son étude de la Kabbala, se concentra exclusivement sur les livres du Arizal et sur ceux de son élève Rav Haïm Vital. Parmi les ouvrages les plus célèbres de Rav Chalom, on compte ses commentaires sur l’oeuvre du Ari Hakadoch, et le siddour qu’il écrivit, plus connu sous le nom de Siddour Harachach et qui comprend une introduction restée célèbre : le Re’hovot Hanaar. Rabbi Chalom Charabi eut de nombreux élèves, parmi eux le ‘Hida, Rabbi ‘Haïm David Azoulay, ou Rabbi Guershon Mikitov, beau-frère du Baal- Chem Tov. Rabbi Chalom Charabi mourut à Yéroushalayim en 1777, et fut enterré sur le Har Hazeitim, le mont des Oliviers. Avant son décès, il fit la promesse que quiconque irait prier sur sa tombe avec un coeur pur ne verrait jamais sa prière rester sans réponse .