22 Av 5780‎ | 12 août 2020

Les pluies de bénédiction S. Malka

Cette semaine, c’est de la pluie et du beau temps que nous allons discuter.
Ennuyeux ? C’est ce que nous allons voir. Ces dernières semaines, les Français et Israéliens ont eu le même climat : la pluie. Mais si les Français (comme presque tout le monde) rechignent et lui réservent un accueil plutôt froid, les Israéliens l’attendent avec joie et l’associent à la bénédiction. Si vous venez en Israël et qu’il pleut, ne grognez pas, on vous regardera de travers. En Israël, quand il pleut, on est content un point c’est tout. C’est dans la mentalité, dans l’éducation, dans l’Histoire même. Les enfants, depuis leur plus jeune âge sont appelés à la tolérance, sinon
l’amour de cette douche glacée qui les séquestre à la maison pour l’après-midi. Et pour cause, en Israël, les pluies sont capricieuses. Souvent insuffisantes, elles menacent le pays de sècheresse et d’infections des eaux, comme cela a été le cas cet été. L’Histoire de notre pays est pleine d’anecdotes mêlant sècheresse, prières et pluies. Les plus connues étant l’histoire de ‘Honi Hameaguel et celle de Nakdimon ben Gourion.
Leur dénominateur commun, depuis le second Temple jusqu’à nos jours, c’est le processus : il ne pleut pas jusqu’au mois de Tevet, ou pas assez, alors des prières sont organisées dans tout le pays notamment au Kotel, rassemblant le peuple et ses dirigeants spirituels, s’en suivent des pluie bienfaitrices accueillies dans la joie, l’allégresse et la reconnaissance envers D.ieu. Si nous nous penchons sur les sources, nous découvrirons que la pluie est directement liée à la prière de l’Homme et à son comportement : nous lisons tous les jours dans le passage du Chema Israël une promesse à double tranchant : « Si vous écoutez mes lois… Je donnerai la pluie en son temps ». En revanche, « si vous vous détournez… il n’y aura pas de pluie ». Nous sommes reliés à D.ieu en permanence. D.ieu nous scrute, et nous fait part de sa satisfaction ou son mécontentement de nous. Si nous n’avons pas de pluie, c’est un signe : il faut prier, se repentir. Lorsqu’il pleut, nous sommes soulagés, D.ieu a accordé son pardon. Cette idée est cachée dans le mot-même : « Guechem » la pluie en Hébreu. Tous les mots commençant par les lettres Guimel et Chin expriment la notion de liaison, de rapprochement. Ainsi, la pluie, relie et rapproche l’Homme et son créateur, le ciel et la terre, le monde matériel et le monde spirituel. Comment ne pas rappeler que le mot « Guesher » qui signifie « pont » ou « passerelle » relie deux endroits séparés et de ce fait, les rapproche. Dans la paracha de la semaine, nous avons trouvé un mot de la même famille : Gochen, la ville égyptienne ou se sont installés Yaacov et sa famille, à la
suite de l’invitation de Yossef. En Parlant d’Egypte, parlons de son climat : S’il est sur 3/4 de sa surface désertique et qu’il n’y pleut (presque) jamais, l’Egypte demeure une terre fertile, ce qu’elle doit au… Nil, le plus long fleuve du monde. Traversant l’Afrique, il y récolte les pluies et déborde en Egypte, irrigant ainsi ses terres. Pas de pluie, mais pas de sècheresse non plus. A l’entendre, quoi de plus idéal ? Vraiment ? Est-ce cela l’idéal ? Vivre sans compte à rendre, sans avoir besoin de lever les yeux vers le ciel ? Avoir les yeux rivés vers le bas. Il est intéressant de constater le lien entre le climat d’un pays et sa civilisation, la Torah dit que l’Egypte était une terre impure, que ses habitants n’avaient aucune morale. C’est la raison pour laquelle Yaacov voulait y vivre à l’écart, sans se mêler à la population. Car vivre déconnecté de toute spiritualité, n’est pas une vie qui se vaut. L’Egypte se dit en Hébreu « Mitsraïm » de la racine « tsar » qui signifie étroit, enfermé, comme l’est la vie de celui qui vit sans contact avec D.ieu Deux pays, si proches et si éloignés à la fois ! Nous avons la chance de sentir D.ieu tout près de nous. Nous lui demandons l’abondance de sa main bienfaitrice et lorsque tombe la pluie, c’est un signe : D.ieu est avec nous, nous sommes méritants. Alors, demandez-vous, pourquoi nous accueillons affablement la pluie en Israël ?