18 Kislev 5781‎ | 4 décembre 2020

Le coût de la vie en Israël va considérablement augmenter

Mauvaises nouvelles pour les consommateurs israéliens : malgré la chute
des prix du pétrole, le coût de la vie va fortement augmenter sans pour autant que les salaires ne suivent Détail de ces mesures qui suscitent déjà
une vive contestation. Au 1er janvier, les prix de l’électricité devraient accroître de 6 % à 8 %, ceux de l’eau de 4,5 % (contrairement au précédent communiqué de 3,25 % fait par la Israel Water Authority il y a sept semaines), les taxes municipales
de 2 % ainsi que les forfaits mensuels des opérateurs de téléphonie mobile,l’alimentation de base (pain, viande, lait, fromage blanc) et les articles ménagers. Sans oublier les assurances auto. Osem-Nestlé, 3e plus grand groupe alimentaire israélien, a averti la semaine dernière qu’il augmenterait les coûts d’environ un tiers de ses articles de 2 % à 4,5 % au début de l’année prochaine. Cela inclut des produits populaires tels que la te’hina, le ketchup et les soupes en poudre. Tnuva, Coca- Cola, Tara, Unilever, Neto, Diplomate, Sano, Kimberly- Clarke et Tempo ont déjà tous réévalué leurs tarifs cette année. Seul Strauss, l’un des dix plus grands producteurs et distributeurs alimentaires ne l’a pas fait en 2018. Ensemble, ces 10 sociétés représentent 56 % des détaillants israéliens de produits alimentaires et ménagers. Concernant les factures d’eau, le coût calculé en fonction du nombre de personnes dans les ménages passera de 6,61 NIS par mètre cube actuellement à 6,90 NIS. Au-delà de la quantité standard, le prix de consommation passera de 12,44 NIS par mètre cube à 13 NIS. Ce qui justifie la hausse plus forte que celle annoncée antérieurement par l’organisme interministériel pourrait être l’importante augmentation de la quantité d’eau achetée aux usines de dessalement – 70 millions de mètres cubes – conséquence de cinq ans de sécheresse. Sauf que ces installations consomment beaucoup d’énergie. On peut donc supposer que la Water Authority a modifié son barème en raison de la hausse de celui de l’électricité. Cette mesure a suscité une protestation de la part de la
Fédération des Chambres de commerce israéliennes, qui a estimé que la facture s’élèverait pour elle à 81 millions de shekels supplémentaires par
an. Quant à de la hausse des tarifs électriques, l’Association des industriels
israéliens a déclaré qu’elle était excessive et devait être rajustée à un taux plus raisonnable. D’autant qu’Israël possède maintenant d’énorme
réserves de gaz naturel qui pourraient faire baisser considérablement la facture des usagers si le gouvernement décidait d’une politique davantage redistributive. Conséquence de cette flambée en cascade : un risque d’aggravation de l’inflation et de nouvelles hausses des taux d’intérêt.
Ainsi selon certaines sources, pour une famille, le poids annuel total de ces mesures pourrait atteindre plus d’un millier de shekels. Face à ces alourdissements budgétaires, certains appellent à nouveau à casser les monopoles qui phagocytent l’économie israélienne et à obtenir surtout en matière d’électricité une vraie réduction de la facture grâce aux réserves nationales de combustible fossile. Finalement, devant la grogne populaire, les ministres du Budget et de l’Economie, respectivement Moché Kahlon et Eli Cohen du parti Koulanu, ont annoncé jeudi 12 décembre, la création d’un comité chargé d’en examiner les solutions pour tenter de réduire le coût de la vie en Israël. Pour l’heure, Kahlon a étendu une gamme d’exemptions de droits de douane allant de 6 % à 15 % introduites l’année dernière sur des articles tels que vêtements, chaussures, smartphones, lunettes et produits pour bébés.