2 Tishri 5781‎ | 20 septembre 2020

Nétanyaou a effectué une visite importante dans le sultanat d’Oman

Israel Prime Minister Office Israeli Prime minister Benjamin Netanyahu meets Sultan Qaboos bin Said in this undated handout provided by the Israel Prime Minister Office, in Oman. Israel GPO/Handout via REUTERS ATTENTION EDITORS - THIS PICTURE WAS PROVIDED BY A THIRD PARTY. - RC191FF37EB0

En temps normal, l’information aurait fait les manchettes des quotidiens mais elle est presque passée inaperçue en raison de l’onde de choc provoquée par le massacre de Pittsburgh. Jeudi dernier (25.10) Binyamin Nétanyaou s’est rendu pour une visite discrète et impromptue dans le sultanat d’Oman et il y a été reçu devant les caméras par le sultan Qabous ibn Saïd. Ce n’est pas à proprement parler une visite historique puisqu’Its’hak Rabin s’était déjà rendu dans le Sultanat en 1994 mais elle revêt une importance particulière dans le contexte régional actuel. En effet, même si rien n’a filtré de la très longue rencontre entre le sultan et le Premier ministre israélien dans la nuit de jeudi à vendredi on n’a pas de peine à imaginer que les deux leaders ont parlé de la menace du nucléaire iranien qui préoccupe énormément le sultanat. Il a également été question du processus de paix et il semble que le sultan ne
soit pas opposé à l’approche du Premier ministre israélien qui préfère enclencher des relations bilatérales entre Israël et certains Etats sunnites modérés pour faire face à Téhéran et seulement ensuite, utiliser ce rapprochement pour favoriser un accord de paix avec les Palestiniens. Pour les observateurs israéliens, cette visite de Mr Nétanyaou et son officialisation sont une preuve de plus de la volonté de ces pays sunnites d’approfondir leur relation avec l’Etat hébreu. Et l’accueil chaleureux du sultan prouve que pour lui la menace iranienne est prioritaire sur le règlement du conflit israélo-palestinien. Il faut souligner que Mr Nétanyaou était accompagné, dans  ce déplacement sous haute surveillance, du chef du Mossad Yossi Cohen et du conseiller à la sécurité nationale Meïr Ben Shabbat. Ce développement diplomatique est également intervenu à la veille de la victoire lors du concours du Grand Chelem de Judo d’Abou Dhabi, du judoka israélien Sagui Mouki. Mouki a remporté la médaille d’or et contrairement aux années précédentes, les autorités d’Abou Dhabi ont laissé retentir l’Hatikva, l’hymne national israélien ce qui a ému aux larmes le vainqueur mais surtout la ministre de la Culture et des Sports Miri Reguev. Cela semble donc confirmer ce rapprochement irrésistible entre Israël et les pays arabes sunnites. Pourvu que ça dure !

Daniel Haïk