9 Tevet 5779‎ | 17 décembre 2018

Steeve Suissa : le judaïsme sur France 2, c’est lui

Le cinéaste a été choisi pour produire les émissions religieuses du dimanche, en lieu et place du grand rabbin Josy Eisenberg zal décédé en décembre. Première interview sur la manière dont le service public, désormais, aborde le kodech et sur les rabbanim chargés de la présentation.

Haguesher : Quand et comment avez vous été choisi ?
Steeve Suissa : En avril dernier, quatre intervenants m’ont demandé conjointement de produire les émissions religieuses du dimanche matin : le président du Consistoire, Joël Mergui, le grand rabbin Haïm Korsia, France Télévision et le ministère de l’Intérieur chargé des cultes.
– Qui au juste a été nommé ? Vous même ou votre société de production, Les Films de l’espoir ?
– Je vous confirme que la tâche m’a été confiée à titre personnel, même si je travaille évidemment avec mon équipe. Entre avril et juin, j’ai élaboré un projet désormais entériné, sous l’intitulé global                    « Berechit ». Il s’agit de transmettre le judaïsme à tous, comme le faisait le grand rabbin Josy Eisenberg zal, des très pratiquants souhaitant s’instruire davantage jusqu’aux non-Juifs.
– Les orthodoxes y trouveront-ils leur compte ?
– Bien entendu. Mon premier souci est la rigueur et la minutie des enseignements halakhiques qui seront délivrés tout au long de l’année.
– De quelle manière le projet « Berechit » se décline-t-il ?
– Nous avons créé trois modules. Le premier, « Symboles », est une série d’émissions de quinze minutes, en plateau, sur les tefilin, les mezouzot ou encore le calendrier hébraïque… Le deuxième, « Découverte », rassemble des émissions de quarante-cinq minutes sur la musique ou la médecine dans le judaïsme,par exemple, avec une partie réalisée en plateau et une autre sur le terrain, avec un reportage. Le dernier module, baptisé « Derrière les portes », permettra au téléspectateur de découvrir un lieu emblématique du patrimoine juif, avec ici encore une partie plateau et une tranche documentaire
– en quarante-cinq minutes. Je précise que le plateau en question sera tourné depuis le Musée d’art et d’histoire du judaïsme de Paris, dont on connaît la richesse exceptionnelle.
– Combien d’émissions sont-elles déjà enregistrées ?
– Une dizaine. France 2 a commencé à les diffuser le 2 septembre.
– Le rav Michaël Azoulay de Neuilly a assuré en quelque sorte l’intérim après le décès du grand rabbin Josy Eisenberg zal. Va-t-il continuer à présenter des émissions ?
– Oui, mais il ne sera pas l’animateur unique. D’autres rabbanim présenteront à tour de rôle, selon les thèmes traités et leurs domaines de prédilection, les parties plateau : le rav Alain Senior de Créteil, le rav Mikaël Journo de la synagogue parisienne de la rue Chasseloup-Laubat, le rav Didier Kassabi de Boulogne. Et peutêtre d’autres à l’avenir. Ils auront systématiquement un invité.
– Vous êtes comédien, réalisateur, producteur… Vous avez fondé il y a deux ans le Festival du théâtre français en Israël, qui se déroulera cette saison du 23 octobre au 1er novembre. Comment définiriez-vous votre lien au judaïsme ?
– C’est un rapport constant et intime ! Mon grand-père tenait une boucherie casher. L’enseigne (Berbèche, bien connue dans notre communauté) a été reprise par mon oncle. A travers les programmes religieux du dimanche matin, seuls du genre sur le service public à l’échelle mondiale, je veux continuer à construire des ponts entre la France et Israël autour du kodech, inséparable de la culture juive.
Propos recueillis par AXEL GANTZ