7 Tevet 5779‎ | 15 décembre 2018

Comment l’idéologie et les structures d’Eurabia ont donné un autre visage à l’Europe…

Protester Anjem Choudary (C), speaks into a microphone during a demonstration in support of Islamist cleric Abu Hamza al-Masri, who is appealing against his extradition to the U.S., outside the High Court in London October 5, 2012. Washington accused the Egyptian-born 54-year-old of supporting al Qaeda, aiding a kidnapping in Yemen and plotting to open a U.S. training camp for militants. REUTERS/Luke MacGregor (BRITAIN - Tags: CRIME LAW POLITICS) - LM1E8A510TO01

Le mérite et l’intérêt sans pareil de l’oeuvre de Bat-Yéor (*), c’est d’avoir mis à nu les rouages historiques et les modes de fonctionnement de la dhimitude et du djihad islamique. Et ce, en révélant minutieusement – force documents à l’appui – les arcanes du pacte suicidaire initié voilà près de cinq décennies par l’Europe avec la Ligue arabe et la puissante Organisation de la Conférence islamique. Une alliance mortifère enrobée dans le doux euphémisme du « Dialogue euro-arabe » (DEA)…

Eurabia est en fait le titre d’une publication éditée à Paris au milieu des années 1970 par le Comité européen de coordination des associations d’amitié avec le monde arabe. Or l’actuel mensuel « France-Pays arabes » a gardé 45 ans plus tard Eurabia comme soustitre… Dès son lancement au lendemain de la Guerre de Kippour et de son choc pétrolier, le Dialogue euro-arabe (DEA) imposa le règlement du conflit palestinien comme une nécessité absolue pour une réelle coopération euro-arabe et condamna sans
cesse Israël en prônant la création d’un mouvement d’opinion paneuropéen favorable aux Arabes. Mettant l’accent sur la coopération dans les domaines de la culture et de la civilisation, le DEA préconisa aussi, lors de ses sommets successifs, des conditions spéciales pour l’accueil des Musulmans en Europe, souhaitant que les gouvernements européens facilitent la participation des travailleurs immigrants et leurs familles à la vie culturelle et religieuse arabe sans faire l’effort de s’intégrer dans leurs pays d’accueil. Il encouragea donc l’étude des langues européennes et arabe et la création dans les cités d’institutions culturelles euros-arabes. Alors que les Européens étaient au départ obnubilés par tous les avantages économiques (pétrole garanti et contrats juteux dans le monde arabe) dont ils allaient
bénéficier, les Arabes poursuivaient trois buts : tendre à la parité économique et industrielle avec l’Occident par le transfert des technologies modernes (nucléaires et militaires) ; implanter sur le sol européen une population musulmane jouissant de tous les droits politiques, culturels, sociaux et religieux des pays d’accueil ; imposer la marque politique, culturelle et religieuse de l’arabo-islamisme à l’Europe par une immigration restant attachée aux pays d’origine. Ce faisant, le DEA prépara l’avènement d’un islam européen très hostile à l’intégration, comme on le constate aujourd’hui dans le Vieux-Continent ! Les axes idéologiques et stratégiques d’Eurabia Cinq piliers sont à la base de la doctrine eurabienne, explique Bat Yéor : « La création d’une symbiose politique, économique et sociale euro-arabe fondée sur des intérêts communs et le dialogue ; la conviction que le monde musulman partage la foi européenne dans le développement économique comme source du progrès et d’épanouissement humain ; la croyance que le califat andalou du Moyen-Age, symbole d’harmonie islamo-chrétienne, fournit le modèle exemplaire pour la construction d’Eurabia au XXIe siècle ; la diabolisation d’Israël et son remplacement par la Palestine, mission sacrée et essentielle de la réconciliation euro-arabe et islamo-chrétienne ; l’hostilité envers l’Amérique, son isolement international et l’obstruction à son influence dans la Méditerranée par la création d’un bloc stratégique, politique et économique euro-arabe et, finalement, la conversion des USA aux dogmes eurabiens ». Et d’ajouter : « Les pressions du terrorisme et du pétrole se conjuguèrent dès les années 1970 pour répandre en Europe à tous les niveaux sociaux la ‘palestinolâtrie’ et l’occultation du djihad en Afrique et en Asie, tout en muselant l’information. Aujourd’hui, l’Europe s’apprête à inclure dans ce partenariat le Hamas, mouvement djihadiste ayant la faveur de l’opinion palestinienne».
La France, principale initiatrice du DEA… Dans tous les nombreux forums et instances du DEA soutenus par la Commission européenne (l’exécutif de l’Union européenne, UE), tels le Dialogue parlementaire
euro-arabe devenu ensuite l’Association parlementaire pour la Coopération euro-arabe (APCEA), l’Institut européen de Recherches sur la Méditerranéeet la Coopération euro-arabe (MEDEA), la Fondation Anna Lindh, l’Alliance des civilisations et le Comité de coordinationeuropéen des ONG sur la question palestinienne, la France a toujours joué un rôle d’avant-garde pour promouvoir le positionnement anti-israélien de l’Europe. Si le « ton » avait bien sûr été donné dès lafin 1967 par De Gaulle avec son embargo sur les armes à destination d’Israël (dans le sillage de la Guerre des Six-Jours, une victoire israélienne très peu digeste pour les dirigeants de l’Hexagone), la même politique outrancièrement pro-arabe, propalestinienne (dont un soutien direct àl’OLP d’Arafat) et d’accueil sans condition de l’immigration continua sous Pompidou, Giscard d’Estaing, Mitterrand et Chirac, promue par une brochette mémorable deministres des Affaires étrangères (Cheysson, Dumas, Juppé, Védrine, de Villepin, Fabius, etc.) se vouant tous à Eurabia et idéalisant la symbiose Islam-Occident, ainsi que la « respectabilité » de l’OLP…Le palestinisme, nouveau culte eurabien « Amputant le christianisme de ses racines bibliques pour le fondre dans un creuset islamo-chrétien, explique Bat Yéor, le palestinisme confère une valeur théologique aux Palestiniens pour leur ‘christification’, – une victimisation propagée dans la conscience politique européenne par les institutions religieuses, les médias et les nombreux réseaux eurabiens. La cause palestinienne étant la clé de voûte du ‘djihad global contre les Infidèles’, les Eglises palestinienne sont enrôlé le monde chrétien dans une démarche suicidaire. Masquant
l’idéologie djihadiste palestinienne, elles sont devenues les janissaires de l’islamisation de l’Occident, glorifiant la dhimitude qui leur est imposée. (…) Cette ‘théologie du remplacement’ d’Israël par le palestinisme fut créée et diffusée dans toute l’Europe, entre autres, par les organes du DEA grâce à des milliards d’euros de soutien (…) ». Le plus dramatique, selon Bat Yéor, c’est que, de manière plus profonde encore, la fascination presque névrotique de l’Europe pour un monde arabe qui est en train de la dominer va dans le même sens que la volonté de puissance et le djihad préconisés par l’islam…
« En fait depuis près de quarante ans, conclut Bat Yéor, les dirigeants européens ont adopté des traits de comportement inhérents à la condition de dhimi : oubli de leurs racines et de leur histoire, peur du djihad. Résultat : une politique de soumission, d’humilité, de ‘bons offices’, de déni mêlé d’antisémitisme et d’antiaméricanisme ». Ce qui, à ses yeux, n’augure de rien de bon pour l’avenir… Richard Darmon (*) Dans ses livres « Le Dhimi, profil de l’opprimé en Orient et en Afrique du Nord », « Juifs et Chrétiens  sous l’islam », « Eurabia, l’axe euro-arabe » et « L’Europe et le spectre du califat ».