6 Kislev 5779‎ | 14 novembre 2018

Rav Emmanuel Chouchena zal : dix ans déjà !

C’est dans la synagogue du Séminaire parisien de la rue Vauquelin que s’est déroulée la cérémonie d’hommage à l’ancien directeur de la fameuse école rabbinique, une décennie tout juste après sa disparition.

La communauté de la rue Vauquelin (5e arrondissement de Paris), située dans le même bâtiment que le Séminaire israélite, a rendu hommage dans la soirée du 3 juillet au rav Emmanuel Chouchena zal, qui a dirigé cette école rabbinique entre 1977 et 1991. La cérémonie a été organisée à l’occasion du dixième anniversaire de sa disparition. La synagogue était quasiment pleine. Le grand rabbin de France, Haïm Korsia, nous fait remarquer que la date du décès dans le calendrier hébraïque est le 21 Tamouz, soit le même jour – à trois décennies d’intervalle – que celle du rav Rahamim Naouri zal qui fut grand rabbin de Bône (Algérie) et dont le rav Chouchena zal, né à Constantine mais élevé à Bône, était le gendre. Les destins respectifs des deux hommes ont été associés lors de cette azkara.
Aux côtés du rav Simon Azoulay qui rabbin de la communauté et du président de la synagogue, Jacques-Hubert Gahnassia, l’ancien grand rabbin de Paris Alain Goldmann et le directeur actuel du Séminaire, le rav Olivier Kaufmann, figuraient au nombre des intervenants. Tous ont salué la chaleur humaine exceptionnelle du grand rabbin qui a quitté ce monde pour le olam haba en 2008. « Il n’était jamais dans le jugement, nous prenions le petit-déjeuner ensemble sur une nappe recouverte, au fil du temps, de ses commentaires », a témoigné le rav Azoulay, qui fut l’un de ses élèves.
Le rav Chouchena zal a été rabbin à Lille, Antony, dans le quartier de Belleville… Il a notamment enseigné à l’école Yavné avant de prendre les rênes de l’institution de la rue Vauquelin. Il a aussi exercé la fonction d’aumônier de l’Ecole polytechnique où il a laissé un souvenir impérissable au sein de l’encadrement. Le grand rabbin Korsia affirme que s’il a accepté d’occuper la même charge des années plus tard, c’est par respect pour son « maître » au Séminaire et en matière de kodech en général.
Réputé pour sa bonté, le rav Chouchena zal était un puits de science. Le Midrach, en particulier, n’avait pas de secrets pour lui. Les connaissances talmudiques de cet érudit qui avait étudié à la yéchiva d’Aix-les-Bains, était à la fois cho’het et mohel et siégeait au Beth Din de Paris, étaient si pointues que le rav et Rishon Letzion Ovadia Yossef zatsal, ex-grand rabbin séfarade d’Israël, exigeait qu’il l’accompagne à chacun de ses déplacements dans l’Hexagone pour traduire le plus parfaitement possible ses prises de parole et divré Torah.
Orthodoxe mais ouvert à tous, ce n’était pas seulement un intellectuel, racontent ceux qui l’ont connu : il était doué de ses mains et maîtrisait aussi bien la fabrication des matsot que la couture ou la marqueterie.
Le rav Chouchena zal s’était installé à Jérusalem en 1992, dans le quartier de Kyriat Moché. Il est enterré au cimetière Har Hamenou’hot de Guivat Shaoul.

Axel Gantz